Le 10ème sommet de la CEMAC à Bangui


La Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a tenu son 10ème sommet les samedi 16 et dimanche 17 derniers à Bangui, en République Centrafricaine. Selon le communiqué final lu par le président de la commission de la CEMAC le Camerounais Antoine Ntsimi, le sommet “a décidé de nommer au poste de gouverneur de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) Lucas Abaga Nchama”.  De nationalité Equato-Guinéenne, M. Abaga Nchama succède au Gabonais Philibert Andzembé, qui était en poste depuis juillet 2007 et que le sommet a décidé de “relever de (ses) fonctions” en même temps que le vice-gouverneur, Rigobert Roger Andely et une autre responsable de l’institution.

Au-delà de la révision à l’unanimité du ”contentieux de Fort-Lamy” (actuelle N’djamena, capitale Tchadienne), qui accordait le privilège et l’exclusivité du gouvernorat de la banque centrale de la sous-région CEMAC au Gabon et bien qu’ait été entérinée l’adoption du principe ”de rotation par ordre alphabétique des Etats membres à la tête de tous les organes et de toutes les institutions spécialisées de la Communauté”; il est toutefois essentiel de poser le constat qui suit: La zone CEMAC  qui a succédé à l’UDEAC en 1994 peine à prendre forme. Depuis 16 ans, les décisions prises au cours des neufs précédents sommets peinent à être appliquées. Pour preuve, la décision d’accorder et d’appliquer la libre circulation aux ressortissants des six pays membres sur tout le territoire de la zone CEMAC n’a pas encore trouvé de consensus. Le passeport CEMAC ne reste qu’une vue d’esprit. Le Gabon et la Guinée Equatoriale, parce qu’ils s’estiment plus nantis que leurs voisins, continuent de traiter les ressortissants Camerounais, Congolais et Centrafricains avec dédain et irrespect à l’intérieur de leurs frontières respectives.

Pour ce qui est de la monnaie utilisée dans cette zone CEMAC à savoir le Franc CFA, point n’est plus besoin de constater que la BEAC n’est qu’une coquille qu’utilise le trésor de France pour administrer les réserves et la politique monétaire de la zone CEMAC. Les gesticulations qui ont donc eu lieu à Bangui n’ont servi qu’à jeter de la poudre aux yeux des partenaires économiques des pays de la sous-région. Le plus important de ces partenaires étant le FMI qui agitait la menace de suspendre tout paiement éventuel aux pays membres de la Zone CEMAC tant que des mesures appropriées n’étaient pas mises sur pied.  Le FMI réagissait ainsi suite au scandale révélé par le journal Jeune Afrique.

Au lieu de toutes ces gesticulations pathétiques et des discours ronronnants sur la crédibilité de la CEMAC retrouvée à Bangui, il est peut-être temps que tous ces chefs d’Etats se mettent réellement au travail et qu’ils se concentrent sur la véritable question qui hante l’esprit de tous ceux qui se sont battus, de tous ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance totale et réelle des nations africaines: La fin du Franc CFA et la mise sur pied d’une véritable monnaie sous-régionale affranchie de toute intrusion française. Une monnaie enfin dédiée au seul developpement de l’économie africaine. Pour ceux des Africains qui semblent encore ignorer la véritable histoire de la monnaie utilisée dans la zone CEMAC et dans l’UEMOA, prière leur est ici faite de bien tendre l’oreille et d’entamer la reflexion qui s’impose.

Car s’ils prétendent ne pas le savoir, le Franc CFA est la principale épine au pied de l’économie de la sous-région. Les réserves de la BEAC et de la BCEAO étant prises en otage par le trésor français à hauteur respectivement de 65% et de 50%, en plus des frais de gestion que ces nations africaines doivent défalquer sur leurs avoirs gérés par la France, elles doivent se contenter de faire face aux différentes conjonctures économiques  auxquelles sont confrontées leurs économies sans le principal atout à leur disposition: La monnaie sous-régionale affranchie de toute tutelle européenne.

Mais la vérité est que la priorité de nos chefs d’Etats se trouve ailleurs. Leur souci est de rester, de s’accrocher et mourrir au pouvoir. L”avenir des générations à venir? Ca n’est pas une priorité! Et chaque jour qui passe nous prouve que la jeunesse est hypothéquée et que les économies africaines s’enfoncent toujours davantage. Et ce n’est pas fini! Lorsque l’on pense qu’aux commandes de ce navire africain – qui peine à trouver et garder le cap sur l’indépendance de la gestion de ses ressources et la création d’une monnaie qui lui est propre, il se trouve des partisans de l’assistance éternelle de la France  et même des intellectuels de la ”gauche” politique française  pour justifier la subordination, la dépendance du Franc CFA, à la fois, au trésor français et à la monnaie unique européenne. Face à cette attitude incompréhensible, il y a lieu de se poser les vraies questions de la capacité africaine à une auto-gestion efficace. Afin de prendre la mesure de ce drame politico-économique, je vous invite à prendre, en exemple le cas de Jacques Attali, personnalité bien connue de la classe politique française, qui nous donne dans la vidéo qui va suivre, son avis sur cette monnaie africaine, héritage de la période coloniale. Un avis qui, pour le moins, devrait inquiéter les Africains de la zone monétaire F. CFA, à plus d’un titre.

Regardez plutôt…

Si cette vidéo n’est pas atteignable, accédez-y en cliquant ici.

Votre opinion nous intéresse. Dites-nous si la zone CEMAC a encore besoin d’un Franc CFA indéfiniment lié aux économies européennes?



Categories: Economy, Subjects in French

Tell us what you think. Cliquez ici et donnez votre avis

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: