Comment l’Afrique peut-elle être riche, mais pourtant si pauvre?


Il est nécessaire de définir tout d’abord la notion de pauvreté.

Selon les économistes et certains historiens, le phénomène de la pauvreté en Afrique a plusieurs origines. La principale cause historique vient de l’exploitation coloniale et post-coloniale conduite avec l’aide de figures tristement  célèbres comme J. Foccart.

A l’outrage de cette exploitation néo-coloniale, viennent s’ajouter la désinvolture et la cupidité des dirigeants Africains.

La mise à sac de ce qui en reste est naturellement effectuée par l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale. A cet effet, je vous conseille de vous caler sur votre siège, car le contenu de la vidéo qui suit risque bien de dérober le sol sous vos pieds…

Et pour se faire une idée à peu près exacte de ce dont on parle ici, prenons connaissance de ce que pensait le Président Thomas SANKARA de cette situation, de son vivant. Voici son point de vue en 1987…

  • Première partie

 

  • Deuxième partie

Toutefois, pour éviter la caricature et afin de traiter efficacement de la pauvreté en Afrique, il est nécessaire de se remettre dans une perspective économique et historique.

De ces deux points de vue, en l’an 1000, l’on constate que l’Afrique, dont le volume de richesse par habitant semble avoir regressé pendant le premier millénaire, devance tout de même l’Europe et n’est précédée que par la Chine.

En effet la chute de l’empire romain provoque la décadence de l’Europe sur plusieurs plans. Mais cette décadence commence à prendre fin dès l’an 1500. L’Europe retrouve son essor dans la conquête de nouveaux horizons. L’expansion de son économie va durer jusqu’au début de l’an 2000.

Pendant ce temps, la Chine stagne, puis regresse jusque dans les années 1950.

En même temps, malgré la perte d’environ 50% de sa population active, suite au commerce des esclaves avec le monde musulman, dans un premier temps; et suite à la traite négrière transatlantique jusqu’au début du 19è siècle, dans un second temps, l’Afrique réussit à conserver une structure économique efficace pour le fonctionnement de sa structure sociale. Dès le début du 20è siècle jusqu’en 1973, les Africains parviennent à un revenu par habitant supérieur à celui des Chinois. Il est urgent de rappeler qu’il s’agit, ici, du résultat de la production de biens et de l’exploitation des richesses cumulées pendant les périodes coloniales et post-coloniales sur le territoire africain.

Mais, avec la révolution chinoise du début du 20ème siècle; l’entrée de la Chine dans l’OMC; l’ampleur des relations commerciales Sino-Américaines et Sino-Européennes; et la capacité de l’empire du milieu à incarner au sein de l’économie mondiale un important moteur de croissance, le PIB par habitant de la Chine représente désormais le triple du PIB africain du même ordre.

Par ailleurs, en s’intéressant de manière plus spécifique aux causes historiques du retard économique de l’Afrique, nous constatons que l’esclavagisation d’environ 13 millions d’Africains en bonne santé, robustes et jeunes entre 1497 et 1900, arrachés à leur terre, enchaînés et expédiés de l’autre côté de l’océan Atlantique, représente un avantage compétitif indéniable pour les économies qui – européennes et américaines – en ont profité. Dans le même ordre d’idées, l’économie africaine voit passer sa population de 61 millions à 70 millions de personnes entre 1700 et 1800. A ce propos, tous les démographes s’accordent pour dire que cette population, en temps normal, aurait pu tripler pendant la même période. Les travaux forcés – une forme d’esclavage – qui vont ensuite devenir la méthode économique de production, instaurée par le colon à son arrivée en Afrique (aux lendemains de la conférence de Berlin de novembre 1884-février 1885), augmenteront certes la production économique locale. Mais, celle-ci n’est destinée à davantage pourvoir et renforcer que l’économie européenne.

Mais, contrairement à la Chine, le retard économique qu’accumule l’Afrique, et ce jusqu’à la fin de la colonisation, est fondamentalement causé par la mise à l’écart du continent noir du développement des échanges internationaux des marchandises. Il est utile de souligner que cette mise à l’écart ne commence pas seulement avec le départ de l’administration coloniale. Elle date en effet du 16è siècle. Cette mise à l’écart des circuits du commerce international pourrait toutefois avoir trouvé un prétexte économique dans le fait que l’agriculture africaine ne servait préalablement qu’à la subsistance. La chasse et la cueillette y étant alors pratiquées de manière prédominante. Un point de vue historiquement faux si l’on prend en compte la capacité commerciale et culturelle des Africains pendant cette période. Toutefois, le niveau d’exposition des africains à d’autres civilisations et le génie technologique y étant faibles, les colons n’avaient guère eu de difficulté à asseoir leur domination, à s’approprier les meilleures terres et à s’en attribuer tous les profits. Une situation qui a façonné le destin de l’Afrique depuis la conférence de Berlin jusqu’à ce jour. Mais, c’est une situation qui peut changer.

Car, si l’on prend en compte les richesses présentes dans le sous-sol africain, si l’on considère les capacités humaines et intellectuelles de la jeunesse africaine conjuguées à celle de la diaspora, et si l’on examine avec attention l’environnement dans lequel le monde évolue aujourd’hui; l’urgence d’une économie émergente en Afrique dans les 10 à 15 prochaines années est primordiale pour la propre survie du continent, mais aussi pour celle du monde, sur le long terme.

Après plus de 500 ans d’affaiblissement et de léthargie, grâce à sa classe embryonnaire d’entrepreneurs, grâce à sa diaspora, grâce aux nouvelles technologies, grâce aux investissements étrangers (IDE), grâce à sa jeunesse dynamique, grâce à une meilleure formation professionnelle de cette jeunesse et grâce à la mise sur pied d’un système politique – que nous appelons de tous nos voeux – qui mettra l’Africain au centre du débat et des préoccupations;  l’Afrique doit pouvoir être capable de sortir des millions d’Africains de la pauvreté et, ainsi, bâtir une classe moyenne importante. En étant ainsi capable de provoquer l’essor rapide et nécessaire de son économie, le continent noir – en revigorant sa production, sa consommation et son expansion – stimulerait ses exportations et servirait d’alternative viable dans la compétition mondiale actuelle.

Cette perspective est la meilleure pour ce continent peuplé de plus d’un milliard d’habitants. C’est un objectif qui est à sa portée, si et seulement si les Africains en ont la volonté et s’en donnent les moyens. C’est surtout le meilleur moyen à sa disposition pour s’affirmer dans l’environnement mondial actuel. Redéfinir sa place, son statut et son rôle au sein des Nations, voilà comment devraient désormais s’articuler les ambitions de l’Afrique.

Votre opinion nous intéresse. A votre avis, dans combien de temps l’Afrique aura-t-elle réglé ses problèmes et pris son envol?



Categories: Economy, Subjects in French

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  1. La dette des pays, comment la comprendre. « Philemon OWONA's perspective

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