A quoi jouent l’Afrique et la France?


Pendant la campagne présidentielle qui l’a propulsé à l’Elysée, Sarkozy avait pris le soin de rassurer l’électorat que sa ”rupture” avec le mode de gouvernement de ses prédécesseurs allait aussi être appliquée dans le domaine des relations que la France entretient avec l’Afrique. Trois ans plus tard, qu’en est-il vraiment?

Le comble a même été atteint lorsque, de son vivant, Omar Bongo n’hésitait plus à faire connaître à l’Elysée son opinion sur le gouvernement de la France.

Ne sait-on pas en Afrique au Sud du Sahara qu’aucun peuple soumis ne s’est jamais affranchi de son maître autrement que par le combat économique? Si nos dirigeants Africains prétendent avoir la maîtrise des outils du devenir économique en Afrique, comment expliquer le fait que des responsables [ministres] économiques et des gouverneurs de banques centrales, sur la base d’accords signés avec la France à l’époque coloniale, continuent d’aller quérir l’aval de Paris sur des questions de souveraineté, condition préalable à toute décision et résolution économique dans la zone monétaire du Franc CFA, par exemple. Et dire qu’en cette année 2010, au moins la moitié des Etats Africains fêtent leur cinquantième année d’indépendance.

A l’heure où la population en Afrique va bientôt atteindre le milliard d’habitants, au moment où les contours du leadership mondial prennent de nouvelles formes et que le multilatéralisme s’impose comme l’ultime approche diplomatique et économique; comment expliquer le fait que la relation entre la France et l’Afrique demeure si inextricable et imbibée d’autant de passéisme nauséabond.

Biensûr, j’entends d’ici des voix qui s’élèvent et disqualifient sans autre forme de procès le point de vue développé ici en mettant en avant le fait que la Chine soit entrain de faire sa grande entrée sur le continent. Et bien évidemment que cette nouvelle réalité met dans un état d’anxiété totale la vieille relation qui ”unit” le pouvoir français aux dictatures africaines. Mais, ne nous y trompons pas. L’Elysée possède encore de nombreuses cartes dans le domaine de la ”coopération” militaire partout sur le continent. Au même titre que les Etats-Unis, la France y conserve et y développe même des bases militaires qui, malgré tous les discours lénifiants developpés par Paris, les capitales africaines et leurs acolytes, permettent à ces nations de continuer à dicter leur volonté aux dictatures placées à la tête de régimes qui, en 50 ans, ont fait passé les pays africains de la position d’ex-colonies aux potentiels économiques évidents à un ramassis de républiques bananières pauvres, très endettées et à l’avenir incertain.

L’Afro-pessisme n’étant pas ma tasse de thé – puisque je connais les capacités de l’intellect des enfants de l’Afrique et de ceux qui en sont originaires [Notion à vérifier en parcourant les grandes universités de ce monde, les bibliothèques, la liste des prix nobel, la liste des plus grands artistes, la résilience de la communauté noire en dépit des traumatismes imposés par son histoire, etc…] il n’en demeure pas moins que l’enfer qui tient lieu de réalité en ce moment en Afrique interpelle la conscience et pousse à chercher des solutions. Des solutions qui peuvent évidement être trouvées si l’on se donne les moyens d’expérimenter d’autres relations avec d’autres partenaires et des politiques économiques autres que celles imposées par l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale.

Au final, un constat s’impose: La relation d’abus dans laquelle sont engagées l’Afrique et la France doit cesser. Le traumatisme qui en a résulté est profond et le dommage innommable. Mais, l’Afrique garde toutes ses chances d’épanouissement intactes. Ses chances restent intactes à la seule et unique condition qu’elle se donne des leaders patriotes. L’Afrique possède encore toutes les cartes du jeu à la seule et unique condition de bâtir un système éducatif qui apprend aux jeunes Africain(e)s à se mettre en situation. La chance d’épanouissement de l’Afrique réside enfin dans la mise sur pied d’une économie ouverte et centrée sur le bien-être de l’Africain. Et puisque son économie se trouve encore à un niveau de développement médiocre, l’Afrique se doit de bâtir des relations de travail avec les nations économiquement émergentes. Tout ceci sera bien évidemment possible si elle continue de travailler avec les nations avancées sur la seule et unique base de profits réciproques.

En effet, une autre Afrique est possible. Mais, la voulons-nous?

Votre avis nous intéresse. Parmi les groupes suivants, lequel permettra de changer l’Afrique et aidera les Africains à s’épanouir en Afrique?



Categories: OPINION, Subjects in French

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