Qu’est-ce qu’un immigré d’Afrique en Europe?


Au début de ce XXIe siècle, la part la plus importante des migrations en direction de l’Europe est constituée par les flux migratoires en provenance d’Afrique, selon Jean-Guy BRANGER, le rapporteur de la commission des migrations, des réfugiés et de la population du Conseil européen. Une affirmation qui justifie des attitudes douteuses en Europe. Frappés par les images de migrants prenant d’assaut les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur le territoire marocain, les Européens nourrissent souvent de graves préjugés sur l’immigration subsaharienne. L’Afrique noire qui passera à 1,1 milliard d’habitants en 2045, malgré les tentatives visant à freiner la circulation transfrontière de ses ressortissants, continue de voir ses flux migratoires intensifiés au grand dam des politiques migratoires en vigueur en Europe.

Il est cependant utile de comprendre qu’à l’exemple des vagues migratoires de Chinois en France au XIXe siècle et de divers groupes de migrants aux États-Unis tout au fil des siècles, l’on sait très bien que l’immigration élargie aux ressortissants spécifiquement originaires d’Afrique – lorsqu’elle est bien organisée –  doit être systématiquement encouragée car elle est toujours source d’enrichissement pour le pays d’accueil. Cette catégorie d’immigrés, contrairement aux réactions épidermiques que cette affirmation peut provoquer, ne constitue en aucun cas un fardeau pour l’Etat hôte, quel qu’il soit. Car, comme d’autres, les membres de cette population travaillent lorsque l’opportunité leur est offerte et paient dûment leurs impôts, comme les autres membres de la société.

Par conséquent, la psychose qui fait son lit dans la libre circulation des immigrés Africains, en terre européenne, ne se justifie guère.

L’image de l’Africain polygame et pareusseux n’existe que dans la tête des politiciens en mal d’inspiration. La présence de l’immigré ne peut pas négativement influencer la politique sociale s’il a un égal accès aux opportunités qu’offre sa terre d’accueil. De même, sur un plan purement budgétaire, tous les experts s’accordent pour dire que l’aide publique au développement que les gouvernements des pays riches disent accorder chaque année aux pays en voie de développement (soit environ 0.7% du Revenu National Brut [RNB] selon les recommandations de l’ONU), cette aide trouve un appoint consistant dans les 40 milliards de dollars annuels que les émigrés Africains transfèrent régulièrement et annuellement dans leurs pays d’origine.

Selon Seydou Kanté, Doctorant à l’université de Paris-IV Sorbonne, contairement aux craintes recensées avant leur intégration dans l’Union Européenne, l’élargissement aux nouveaux membres n’a pas donné lieu à un déferlement des ressortissants des adhérents successifs. Par conséquent, la Suisse et l’Union européenne ne doivent pas craindre la libre circulation des populations extra-européennes sur leurs territoires car l’immigration contribue à la croissance économique et sociale du pays d’accueil.

Par ailleurs, Monsieur Kanté estime que la politique du chiffre, en matière d’expulsion, est inefficace et coûte chère aux contribuables dont l’argent est inefficacement utilisé. Le concept de la régularisation massive ne peut constituer un appel d’air; tandis que le slogan de l’immigration “choisie” est voué à l’échec, comme l’a été la tentative allemande d’attirer les informaticiens indiens. Il estime également que les immigrés ne privent pas leurs pays d’origine de matière grise, car ceux qui sont bien formés ne peuvent, en général, exercer chez eux faute d’outils adéquats pour leur métier ou d’emplois appropriés. De même, les populations des pays en développement augmentant rapidement, contrairement à celles des pays à hauts revenus; pour faire marcher leurs économies, les pays industrialisés se voient obligés de faire appel à une main-d’oeuvre étrangère. Dans les pays developpés, de bons exemples suffisent pour illustrer ce constat: Le bon fonctionnement du plus important employeur d’Europe (le National Health Service au Royaume-Uni) repose en grande partie sur le travail des immigrants infirmiers ou médecins, alors que le secteur de la haute technologie aux Etats-Unis a recours à des milliers de jeunes immigrants pour remplir ses nombreux postes vacants. Et comme cela a déjà été mentionné, l’immigration contribue à la croissance économique. La Banque mondiale estime même que si la main-d’oeuvre des pays à hauts revenus devait s’accroître de 3 %, et même si cette force de travail n’était composée que d’immigrants, le bénéfice annuel mondial serait de l’ordre de 356 milliards de dollars. “Ces profits seraient supérieurs à ceux générés par le commerce international”, note Dilip Ratha, économiste principal à la Banque mondiale.

Mais, force est de constater que face à ces arguments, les idéologies, les courants de pensée, le positionnement politique en Europe, les mouvements nationalistes ou xénophobes exigent des mesures pour limiter la taille de la population étrangère. Ce qui, en toute légimité, serait logique si, derrière ces revendications, ne se cachait pas une idéologie inavouable. Car, désormais, la politique d’immigration et la politique d’asile vont de pair.  Ces deux politiques se confondent même souvent dans leur présentation par les médias. L’Europe doit tout de même tenir compte du fait que le phénomène ponctuel provoqué par des situations de crise n’est plus la seule raison valable de l’afflux de réfugiés; mais qu’à ce phénomène est désormais adjoint le processus permanent lié à la globalisation et aux différences socio-économiques entre les Etats. Et surtout – en ce qui concerne l’Afrique – l’immigration africaine (subsaharienne) en Europe est la conséquence directe de l’incompétence des dirigeants actuels en poste en Afrique, des liens mafieux entre ceux-ci et les gouvernements européens (le cas de la françafrique, par exemple) et des dictatures qui continuent de sévir impunément en Afrique.

Donc, pour comprendre ce phénomène qui est devenu un sujet de polémique, de démarcation politique liée à l’existence humaine des masses africaines en Europe venues pour des raisons diverses dont les causes sont aujourd’hui, pour la plupart, liées aux politiques africaines de l’Europe, il est nécessaire de garder présent à l’esprit certaines vérités basiques: De l’exploration, on est arrivé à l’exploitation de l’Afrique. En l’exploitant, l’Europe a commencé à parler de colonisation. Suite aux succès glanés par les mouvements de décolonisation en Afrique, le système colonial ayant quitté l’Afrique dès 1960 n’était, en fait, parti que pour mieux revenir sous la forme d’un néocolonialisme efficace, bénéficiant de l’aval des dictateurs Africains placés à la tête des jeunes Etats nouvellement ”indépendants”. Ces dictatures africaines inéfficaces et incompétentes — et qui se reproduisent à l’infini — sont la raison principale de l’afflux de refugiés vers les pays européens aujourd’hui. Et ces derniers continuent, à travers l’aide publique au développement et d’autres mécanismes de coopération, de les maintenir au pouvoir.

Alors, lorsque, éventuellement, il vous arrivera d’assister à ce type de scène

ou lorsqu’il vous arrivera de rencontrer des ressortissants Africains comme ceux-ci, loin de leur continent d’origine,

prenez la peine de vous poser la question suivante: Comment en sont-ils arrivés là?



Categories: OPINION

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