Jean Grégoire Sagbo, originaire du Benin, premier élu Noir de Russie.


Je ne sais pas si vous partagez mon avis, mais j’ai l’impression que les Africains de la diaspora connaissent de plus en plus de succès, partout où ils s’installent. Que ce soit aux Etats-Unis, au Canada ou même en Europe – où il faut quand même se l’avouer, entre nous, la perception biaisée de l’Africain demeure –  l’Africain trace sa route.  Les Africains expatriés réussissent donc leur parcours partout où ils ont décidé de vivre loin de la mère Afrique. Dans l’art, les sciences, le sport, dans le monde des affaires, chez les universitaires et, plus récemment, dans le domaine politique. Et l’exemple le plus visible de ce phénomène est, bien entendu, Barack Obama. Bien qu’il soit citoyen Américain, il est utile de ne pas oublier qu’il est bel et bien le fils d’un Kenyan. Un fils d’Afrique. Mais, si l’exemple de Barack Obama s’avère peu convaincant pour illustrer mon propos, alors que dire de Jean Grégoire Sagbo, cet Africain âgé de 48 ans, originaire du Benin et qui vient d’être élu conseiller municipal en Russie, dans la ville de Novozavidovo située à 100 km au nord de Moscou.

La Russie est un pays connu par les Africains comme étant un enfer où le racisme anti-noir règne depuis des temps immémoriaux. Un racisme qui s’est aggravé depuis la chute du mur de Berlin et la transition économique difficile qu’a connue la Russie, passant du communisme au capitalisme. Un passage à la mode capitaliste qui a plongé plusieurs personnes, parmi les 140 millions de Russes, dans une extrême pauvreté. Malgré cette réputation peu enviable, la Russie est restée une terre d’accueil pour plusieurs étudiants d’origine africaine. Le coût plus abordable des études universitaires en Russie comparativement à l’Europe occidentale et à l’Amérique du Nord étant le principal argument des plus téméraires.

Et c’est précisément pour cette raison que Jean Grégoire Sagbo a attéri en Russie en 1982. Le motif du séjour étant d’étudier les sciences économiques à l’université de Moscou. C’est pendant son séjour académique dans la capitale de l’ancienne Union Soviétique que Jean Grégoire rencontre sa femme, originaire de la ville de Novozavidovo. En 1989, après la chute du mur de Berlin, Sagbo et sa femme décident de quitter Moscou. Ils s’installent à  Novozavidovo.

Jean Gregoire Sagbo, premier élu Noir de Russie

Jean Gregoire Sagbo, premier élu Noir de Russie

Aujourd’hui, le chef de famille, mari et père de 2 enfants, agent immobilier pour le compte d’une compagnie basée à Moscou, vient d’être élu dans le conseil municipal de sa ville adoptive de Novozavidovo.

Dans une interview accordée à la presse au soir de son élection, Jean Grégoire Sagbo raconte que ni lui, ni sa femme n’avaient auparavant eu une bonne impression de la politique et des gens impliqués dans ce processus. Pour ce couple, la politique était un milieu très sale. Trop de compromissions et de corruption avaient fini de les en dissuader. Mais, le chômage, la pollution, l’insalubrité, la corruption, l’insistance du conseil municipal et la pression des habitants de la ville de Novozavidovo ont, à l’évidence, fini par convaincre Jean Grégoire Sagbo de se présenter aux élections municipales. Il en ressort aujourd’hui qu’après la publication des premiers résultats des élections cet africain, originaire du Benin, rentre dans l’histoire de la Russie comme étant le pemier Noir élu à un poste officiel. De l’avis même de la majorité des 10000 habitants de Novozavidovo, le nouveau conseiller municipal Jean Grégoire Sagbo est le premier homme politique élu honnêtement.

A la question qui leur est posée de savoir pourquoi avoir élu Sagbo, originaire d’Afrique, la réponse des habitants de Novozavidovo est  sans équivoque: ”Sa couleur de peau n’a aucune importance. Nous le considérons comme l’un des nôtres.”

La tâche qui attend Sagbo et ses collègues à la tête de la ville est impressionante: Assurer l’approvisionnement des habitations en eau chaude, en chauffage, etc… Et dès le lendemain de son élection au conseil municipal, comme premier acte officiel, la collecte de fonds organisée par Sagbo a été un succès et a permis d’amènager des aires de jeux protégés pour les jeunes des quartiers.

A la lumière de l’histoire de ce premier élu Noir en terre russe, il me vient une question: Pourquoi tant de succès rencontré par des Africains loin de chez eux ne permettrait pas de déclencher chez nous, en Afrique, le réveil tant attendu par le milliard d’Africains avides de liberté, de démocratie vraie et de prospérité. Qu’est-ce qu’attendent les pays africains pour élire des Obama ou des Sagbo afin d’assainir, de changer l’Afrique. L’Afrique est-elle si corrompue au point où l’on ne peut y acquérir la réputation d’homme du changement qu’en ne faisant point de révolution? Pourtant, il est de notoriété que les héros doivent leur aura à l’importance des combats plutôt qu’à la manière dont ils les ont menés.

Pour celles et ceux qui ont des notions de la langue russe, voici une vidéo qui parle de Jean Gregoire Sagbo. Un sujet traité par la télévision locale.

Et voici un sujet, en anglais, traité par CNN. La chaine de télévision américaine est récemment allée rendre visite à Jean Grégoire dans son fief.



Categories: News, Subjects in French

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