Santé: Il ne fait pas bon d’être une femme ou un enfant en Afrique


La santé, c’est la vie. Il n’y a pas plus vrai comme slogan. Ce refrain, bien rodé, semble toutefois trouver ses limites en Afrique. Surtout  lorsqu’il s’agit des enfants et des femmes. Ces deux catégories de personnes représentent pourtant plus de 68% de la population totale sur le continent noir. Sous un angle purement économique, il est clair que le développement des 46 Etats Africains sahéliens et sub-sahariens passe nécessairement par une meilleure prise en compte de la santé de leurs habitants. Si l’on considère le fait qu’une mauvaise santé entraîne obligatoirement les populations dans le cercle vicieux de la précarité, de l’appauvrissement, d’innombrables vies perdues et déclenche donc une baisse générale de la productivité; il est urgent d’aborder la question de l’amélioration des conditions de vie, et donc de  l’accès aux soins de santé, de manière frontale.

La santé publique prise en flagrant délit de discrimination au portefeuille

Si de nombreux pays africains ont un taux de natalité élevé aujourd’hui, il est à noter qu’ils font également face à un taux de mortalité extrêmement fort – y compris une mortalité infantile. En 2008, par exemple, dix pays africains avaient un taux de mortalité infantile supérieur à 100 ‰ (soit 10%).  De plus, les cinq pays ayant l’espérance de vie la plus faible au monde (de 32 à 41 ans) en 2008 se trouvaient aussi en Afrique sub-saharienne.  Cette faible espérance de vie est la conséquence directe des mauvaises conditions de vie. Par ailleurs, selon l’état des lieux que tient annuellement l’OMS sur les 900 millions d’Africains recensés en 2010 (moyenne des estimations nationales) – un rapport qui sera publié au mois de novembre prochain –  il en ressort qu’au Zimbabwe par exemple, 19% des jeunes femmes de 15 à 24 ans sont séropositives au VIH. L’Afrique du Sud, considérée comme le pays le plus développé de la région, doit toujours faire face à une épidémie constante du SIDA. Plus de 15% des jeunes femmes y sont infectées. A l’opposé, il y a des pays qui s’en sortent très bien. L’exemple du Niger est là pour témoigner que la tranche des 15-24 ans ne représente que 2% des porteurs du virus sur son territoire. Des chiffres qui permettent de prévoir de bonnes perspectives, sur le long terme.

Carte comparative de l'espérance de vie dans le monde

La question de la santé en Afrique ne se résumant toutefois pas qu’à l’épidémie du Sida – qui y est, à vrai dire, marginale avec environ 22 millions de personnes infectées recensées par l’ONUSIDA en 2007 sur 800 Millions d’habitants – en comparaison avec les autres fléaux sanitaires de première importance que sont le paludisme, la tuberculose, les accidents de la route, la malnutrition (carence en vitamines et en calories), la famine, le manque d’eau ou la mauvaise qualité de l’eau, etc; il est utile de souligner que l’Afrique commence à trouver des solutions africaines à ses problèmes de santé. Mais, de manière globale, ces solutions ont la facheuse tendance de laisser sur la touche les femmes et les enfants en bas âge. ”La faute aux moyens financiers disponibles”, semblent reprendre, en choeur, tous les gouvernements de la région Afrique de l’OMS.

L'importance de la santé publique dans le monde

Au fait, pourquoi avons-nous toujours autant de mal à financer notre santé publique en Afrique?

Selon les données extraites des rapports des gouvernements africains et du compte rendu de l’OMS sur la santé en Afrique, produit par le directeur de la région Afrique; la situation des femmes et des enfants, en particulier, n’a pas beaucoup évolué en Afrique. Ces deux catégories de personnes, parmi les plus fragiles, restent celles qui font toujours les frais du manque d’infrastructures adéquates, de moyens humains et financiers.

Avec la crise financière qui a secoué la planète entière, et l’Afrique qui a dû renoncer à ses engagements pour le compte des années 2008-2009, il est évident que le secteur de la santé n’a pas pu échapper au marasme général. Une situation que l’on n’a pas vécu dans le Nord. Ce qui est vrai dans les pays du Nord ne l’étant pas dans les pays du Sud, les dépenses publiques consacrées à la santé sont restées les mêmes dans les pays riches – y compris aux Etats-Unis où la réforme de la santé publique du Président Obama a été votée –  tandis que dans les pays africains, notamment, le faible niveau de l’aide publique consacrée au développement, la réduction des recettes publiques liée à la baisse du cours des matières premières, au niveau élevé de l’inflation et aux autres manques à gagner résultant des conséquences de la crise financière… tout cela a encore fourni des raisons suffisantes pour sacrifier les mêmes catégories de la population que sont les femmes et les enfants.

De plus, ajoutés à la crise, le manque de personnel qualifié, la carence d’infrastructures adéquates et de ressources nécessaires, de manière générale, ont encore, en cette année 2010, sacrifié la santé de la femme et celle de l’enfant sur l’autel des économies nécessaires à la quête d’équilibre budgétaire des pays africains qui se réfugient en permanence derrière des stratégies limitées au détriment du bien de la population.

Pourcentage du PIB consacré à la santé publique en Afrique


Categories: OPINION

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