Président Barack Obama: Chronique d’une désillusion annoncée


Le Président Américain

Barack H. Obama, le Président Américain

A la fin de cette deuxième année de la présidence de Monsieur Obama, il est de plus en plus clair que son premier mandat à la tête de la première puissance mondiale sera aussi son dernier. Les raisons derrière ce constat sont nombreuses.

De toutes les promesses faites, durant la campagne présidentielle, aux électeurs qui l’avaient propulsé à la Maison Blanche le 04 novembre 2008,  Monsieur Obama n’en a vraiment et pleinement satisfait aucune.

Qu’il s’agisse de la guerre en Afghanistan, de la guerre en Irak, de la couverture (assurance) santé, de la fin de la réduction des impôts en faveur des Américains nantis, de la fermeture de la prison du camp delta sur la base américaine de Guantanamo Bay, de la résolution du conflit et du génocide au Soudan, du soutien à apporter aux efforts de démocratisation en Afrique, etc… Monsieur Obama s’est contenté, à chaque fois, d’un compromis bancal et inefficace en lieu et place d’une solution réelle et pérenne. Là où le candidat Obama s’était distingué par une verve et un charisme à nul autre pareil, le Président Obama s’illustre par une timidité inexplicablement embarrassante pour les électeurs qui avaient cru en son slogan de l”’espoir” et du ”changement”. Voyant en lui le ”leader d’une génération”, les Américains (Jeunes électeurs de toutes les races, femmes électrices de toutes les races, électeurs Africains Américains et Hispaniques) n’avaient pas hésité à aller voter en masse pour lui. Un effort et une vaste mobilisation qui donnèrent lieu à son élection historique! La démonstration d’une véritable démocratie à l’oeuvre.

Que reste-t-il de cette vague d’enthousiasme qui avait inondé le monde au lendemain de l’élection de Mr. Obama?

Revenons, le temps d’une brève analyse, sur les tenants et les aboutissants de cette indescriptible désillusion.

Tenez, par exemple, le dossier de l’assurance santé proposée aux Américains et autres résidents légaux et voyons ensemble pourquoi Monsieur Obama a réussi à s’aliéner une bonne partie de la base de son électorat lors du passage au congrès américain du vote de la loi consacrée à cette assurance santé: Près de deux ans de campagne présidentielle durant, le candidat Obama n’avait cessé de marteler qu’il travaillerait avec le congrès américain pour le passage d’une loi offrant une assurance universelle au peuple américain. Une loi qui obligerait par ailleurs, aimait-il à ajouter, les compagnies d’assurance maladie à plus d’honnêteté. Et le seul moyen réaliste de rendre cette assertion plausible aurait été d’introduire une assurance publique (”public option”).

Barack H. Obama, President Américain

Barack H. Obama, du temps de l'''espoir'' et du ''changement''

Une fois élu Président, en début de cette année, Monsieur Obama se présente devant le peuple américain et devant les militants du parti démocrate avec une loi sur l’assurance santé comportant des attributs galvaudés. L’opposition du parti Républicain vient ainsi d’enregistrer sa première victoire de l’ère Obama. Mais, les médias et la Maison Blanche présenteront cette loi comme une ”victoire historique”.

Jetons ensuite un coup d’oeil sur la politique étrangère de l’administration de Monsieur Obama: Pendant la campagne présidentielle de 2008, le candidat Obama – l’homme qui s’était opposé à la guerre en Irak – avait promis la fin de la guerre contre Saddam Hussein (une ”guerre idiote”, selon sa propre expression) pour ne se consacrer qu’à la ”vraie guerre” en Afghanistan. Deux ans plus tard dans sa présidence, et alors qu’il a prétendument ordonné la fin des combats impliquant l’armée américaine, plusieurs citoyens américains et du monde continuent de voir des soldats américains engagés dans des opérations de type militaire sur le terrain.

Pendant ce temps, en Afghanistan, alors que le retrait des soldats était initialement prévu pour 2011, voilà que Monsieur Obama et ses alliés, lors du sommet de l’OTAN de lisbonne de cette année, parlent désormais de 2014 comme date de retrait des soldats. Mais, pas plus tard qu’hier, c’est son ministre de la défense qui, s’adressant aux soldats américains, évoquait la possibilité d’une mission militaire d’une ”durée indéterminée” sous le soleil afghan.

Que dire des réductions d’impôts accordées aux contribuables plus nantis?

Ce qui fut l’un des thèmes phares de la campagne du candidat Obama s’est aussi transformé hier soir, sur toutes les chaines de télévision du pays de l’oncle Sam, en une ”trahison” supplémentaire, une ”pilule amère” imposée à la base du parti démocrate. Celui qui est en passe de devenir le ”Président du mauvais compromis” a, une fois de plus, estomaqué les militants et les sympathisants du parti démocrate.

Durant la campagne présidentielle, Monsieur Obama avait brillamment argumenté, chiffres à l’appui, contre le privilège de la réduction des impôts accordée aux plus nantis sur le territoire américain. D’autant plus que les Etats-Unis sont confrontés à un niveau d’endettement jamais connu dans toute l’histoire de l’humanité, résultat d’innombrables déficits publics successifs, d’une consommation des ménages fortement dépendante du crédit et d’une politique monétaire qui n’a rien d’orthodoxe. La politique fiscale héritée de l’ère George W. Bush devait prendre fin avec l’accession au pouvoir de Monsieur Obama. Du moins, c’est ce que le candidat Obama avait promis aux électeurs pendant la campagne présidentielle.

Deux ans plus tard, le Président Obama, le compromis politique en écharpe, se retourne contre la base de son parti – une fois de plus – et accorde une énième victoire aux Républicains.

Le monde entier sait que Monsieur Obama a des racines africaines. Le jour de l’inauguration de son premier mandat présidentiel, quel ne fut pas l’enthousiasme du continent Noir ce jour de janvier 2009! Cette montée d’adrénaline était compréhensible: L’homme le plus puissant du monde avait un lien direct avec le continent le plus méprisé du monde! L’on avait les étoiles plein la tête, enivré que l’on était par les succès à venir de l’homme providentiel, que dis-je, du Président providentiel!

Barack H. Obama, Jr. President Américain

La réalité du pouvoir

Près de deux ans plus tard: Les Soudanais musulmans continuent de massacrer allègrement leurs compatriotes chrétiens, il y a toujours autant de femmes violées à l’Est du Congo, les dictatures africaines se transmettent désormais le pouvoir de père en fils, la pauvreté se porte toujours aussi bien au sud du Sahara, la maladie aussi. Et la dernière en date: La Côte d’Ivoire!

Et pendant que les africains en sont encore à se décider sur l’imbroglio Ouattara-Gbagbo, Barack Obama – sous l’influence néfaste de Sarkozy – s’embarque dans un vaudeville diplomatique qui n’a apparemment pour raison d’être que la rivalité entre la coalition USA/France contre la Chine en filigrane sur le continent Noir.

Monsieur Gbagbo, Proclamé Président par le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire contre Monsieur Ouattara, désigné Président par la Commission Electorale Indépendante de la République de Côte d’Ivoire. Cherchez l’erreur!

Pourtant, lors de son discours à Accra (Ghana) en juillet 2009, c’est bel et bien Monsieur Obama qui recommandait aux Africains de faire davantage confiance aux ”institutions fortes” en lieu et place des ”hommes forts”. Entre le Conseil Constitutionnel ivoirien (l’institution forte) et Monsieur Ouattara (l’homme fort), à la lumière de la prise de position de Monsieur Obama sur le dossier de la Côte d’Ivoire, que doit-on désormais croire?

Vous parlez d’une désillusion!



Categories: Reality check

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