Ouattara et les 800 morts de Duékoué.


Dans leur progression vers Abidjan, les forces militaires d’Alassane Ouattara ont fait escale dans la ville cacaoyère et caféière de Duékoué. C’est une ville qui est un carrefour stratégique de l’Ouest ivoirien. Il y a deux jours, elle a surtout été le théâtre du massacre de 800 personnes, au moins, selon le Comité international de Croix-Rouge (CICR).

Les circonstances exactes dans lesquelles les 800 personnes ont été tuées sont pour le moment difficiles à établir. Tout ce que l’on sait de cette importante ville de l’Ouest ivoirien, c’est que depuis une dizaine d’années, Duékoué est le théâtre de fortes tensions inter-communautaires. Ici, les éthnies Guéré et Wé s’opposent régulièrement à d’autres ethnies récemment installées. Parmi celles-ci se trouvent des Senoufo,  des Baoulé et des Burkinabé. Et les affrontements tournent très souvent autour des terres cultivables. En 2005, des affrontements avaient déjà fait une quarantaine de morts.

Ce qui est particulier aux évènements qui ont conduit au massacre des 800 personnes de Duékoué par les hommes d’Alassane Ouattara, c’est le contexte politico-militaire des troubles post-électoraux que connaît actuellement la Côte d’Ivoire. Mais, c’est aussi et surtout le caractère humanitaire de ce massacre qui, comme le relève le CICR, a occasionné la fuite par vagues entières ”de dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants” en détresse vers le Liberia voisin.

Les images que l’on peut voir ci-dessous montrent clairement la scène et les victimes tombées sous les balles des assaillants financés et sous les ordres d’Alassane Ouattara.

N.B: Attention, les images qui suivent peuvent choquer certaines sensibilités!!!

Des témoignages confirment des exécutions ciblées d’individus, notamment d’éthnie Guéré, le 29 mars 2011 dans le quartier Carrefour”, confirme également la FIDH (Fédération Internationale des ligues de Droits de l’Homme) dans un communiqué. Dans un autre communiqué, le CICR affirme que ”des délégués du CICR et des volontaires de la Croix-Rouge ivoirienne se sont rendus sur place les 31 mars et 1er avril pour s’enquérir des besoins de la population locale et recueillir les témoignages sur cet événement. Ils ont également évacué 28 corps vers la morgue locale

Selon Florent Geel, du bureau Afrique de la FIDH, les exécutions perpétrées par les partisans d’Alassane Ouattara se poursuivent. Et cela dure depuis mardi, date à laquelle des individus en armes sont entrés dans les quartiers, ont séparé les hommes des femmes et ont procédé à des exécutions sommaires. Ces assaillants sont organisés en une ou deux bandes armées sous le contrôle des Forces républicaines de Côte d’ivoire (FRCI) pro-Ouattara.

Réfugiés de Duékoué

Les populations de Duékoué fuient la zone des combats

Sur le front d’Abidjan, les nouvelles sont également alarmantes. D’après Salvator Saguès, un des responsables Afrique d’Amnesty international, ”il faut redouter de terribles représailles” de la part des hommes de Ouattara. Les deux camps se retrouvant dans une situation de violence extrême avec des éléments incontrôlés. De plus, dans les deux camps qui s’affrontent, ”il y aurait des informations très préoccupantes sur le recours à des enfants soldats, c’est-à-dire des jeunes hommes âgés de moins de 18 ans, et nous avons vraiment l’impression que la chaîne de commandement ne suit pas ou alors que les responsables des deux côtés laissent ces éléments agir à leur guise en toute impunité” déplore-t-il.

Ouattara fait face à des accusations de massacre en Côte d'Ivoire

Ouattara fait face à des accusations de massacres en Côte d'Ivoire. ©eloi

Quatre mois après l’élection présidentielle ivoirienne de décembre 2010, l’affrontement qui oppose désormais les partisans d’Alassane Ouattara à ceux de Laurent Gbagbo a atteint son paroxysme. Abidjan, la capitale économique, était vendredi et samedi le théâtre de violents combats entre les Forces républicaines (FRCI) du premier et l’armée (FDS) restée fidèle au second. Les affrontements les plus sérieux se déroulent aux abords du siège de la Radio-télévision ivoirienne (RTI), dans le quartier huppé de Cocody. La RTI, qui a cessé d’émettre dans la nuit de jeudi à vendredi après une attaque des forces de Ouattara, a repris la diffusion de ses programmes dès samedi matin quand les forces militaires de Laurent Gbagbo ont reconquis les positions des FRCI.



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