Bob Marley, trente ans plus tard.


Bob Marley

Le pape du reggae

Bob Marley, né Robert Nesta Marley en 1945, est connu comme étant le ”pape du reggae”. Il est resté une idole extrêmement populaire, même pour les générations nées plusieurs années après sa mort survenue il y a 30 ans de cela à Miami, des suites d’un cancer généralisé. Avec plus de 300 millions d’albums vendus à travers le monde, Bob Marley est incontestablement le jamaïcain le plus connu au monde. Chronologie d’une oeuvre prolifique, originale et indémodable signée par un auteur qui, à l’époque déjà, était le symbole de la contestation universelle, d’émancipation et de liberté.

De 1973 à 1983, voici comment Bob Marley a conquis le monde par son talent, sa grâce et sa philosophie…

1973: Le début de l’aventure avec ”Catch a fire”.

Quand Chris Blackwell, directeur du label Island – célèbre pour ses succès avec Cat Stevens, Traffic, King Crimson – signe avec les Wailers, son plan est simple : Mixer le reggae de façon à ce que les Occidentaux ne subissent pas un choc culturel trop important. Son deuxième plan est de présenter l’affaire comme un groupe de rock noir, d’où le nom donné au groupe The Wailers. Conçu comme un vrai album et non pas comme une collection de 45 tours – pratique traditionnelle en Jamaïque – Catch a fire, par ses qualités mélodiques et harmoniques mais aussi par les thêmes abordés, est le premier classique du reggae. Les opprimés ont désormais la parole et vont montrer au monde –  et surtout aux occidentaux –  leur réalité et leur version de l’histoire (Concrete jungle400 years). Justice donc, et amour aussi (ou sexe, c’est selon), deuxième grand thême de la musique reggae, avec la très friponne Kinky reggae.

1973, toujoursBurnin’

Bob Marley et les Wailers

Bob Marley et les Wailers

L’album s’ouvre sur l’hymne aujourd’hui universel de tous les opprimés de la terre, Get up, stand up! C’est I shot the sheriff, chanson sur la violence policière, qui révèlera au grand public les Wailers et le reggae grâce à la reprise de Clapton. Les arrangements rock font encore ici merveille et si l’album est de très bonne facture, pour les Wailers, c’est celui de la fracture. Après la tournée, Peter Tosh et Bunny Wailer quittent le groupe pour des questions artistiques et financières. Chris Blackwell ne les retient pas vraiment…. Bob a une nouvelle casquette, celle de Captain reggae et son bateau part à la conquête du monde.

1974: L’album ”Natty dread

Le premier album de Marley en solo est un coup de maître. Une vraie oeuvre de génie! Même après plusieurs écoutes, il est très difficile, voire impossible de trouver quelques défauts à ses compositions débordant de sa foi rasta et de ses convictions anti-babylone. Il appelle à la révolution, rappelle que les bourgeois sont rassasiés quand le peuple a faim. Il livre donc quelques standards de la lutte chantée (Lively up yourselfRevolutionThem belly full) et une perle de tendresse qui a permis à certains de ses fans de la premières heure d’approcher leurs premières conquêtes pendant les booms et autres sorties en discothèque, No woman no cry. Du pur génie.

En concert en 1975: ”Live!

Premier des deux lives officiels de chez Island, Live ! est enregistré à Londres en juillet 1975. Il reprend des titres des trois premiers albums et la version public de No woman no cry, diffusée sur toutes les radios, propulse Marley star mondial. Outre le fameux ”Jaaahhh ! Rastafar” qui ouvre le concert et est depuis repris dans pas mal de situation de la vie de tous les jours, on reste halluciné à l’écoute de la machine à danser que forme les Wailers et par la voix électrisée de Marley, semble-t-il dopée aux good vibes des spectateurs. Le succès est là, et jamais démenti, pour toujours.

1976: L’album ”Rastaman vibration

Nouvel album studio et nouveau coup de maître. Il égratigne une fois de plus les puissants qu’il faut chasser de la ville (Crazy baldheads) et les hypocrites qui peuvent se cacher parmi vos meilleurs amis (si si, Who the cap fit). Bob entame son disque par deux hymnes fédérateurs (Positive vibration, Roots rock reggae) et met en musique un discours très humaniste du leader éthiopien Haïlé Sélassié (War), personnage que les rastas prennent pour le messie, pour finir par unRat race superbement triste. Les harmonies du trio vocal féminin les I-Threes ajoutent à l’ensemble une douce mélancolie en particulier sur le touchant Johnny was. Captain Bob va bientôt tomber la casquette pour une couronne.

1977: L’album ”Exodus

Chef-d’œuvre incontesté, Exodus  est enregistré à Londres en pleine vague punk. L’album comporte dix titres. La première face est militante et ancrée dans les thématiques rastas alors que la seconde transpire l’amour que Bob – Rabbit – Marley partage à l’époque avec une superbe Jamaïcaine blanche. Si Bob est à Londres, c’est qu’il a essuyé une tentative d’assassinat sur sa personne à la Jamaïque. Exodus renvoie donc à l’exode du peuple noir dont il est principalement question ici, mais aussi, en filigrane, exil de Bob, en Angleterre donc. Côté musique, l’album s’ouvre en crescendo sur le mystique Natural mystic, et enchaîne les morceaux d’anthologies jusqu’au paroxystique Exodus. Sur la “Love-side” (deuxième partie de l’album), que des tubes avec pour mémoire, JammingOne love et Three little birds. Elu “meilleur album du XXe siècle” par le magazine américain Time. Un roi est consacré.

1978: ”Kaya

Toujours à Londres, Marley surfe la vague en livrant une suite au phénoménal Exodus avec un album plus léger en apparence mais les très mélancoliques Running awayTime will tell nous forcent à tempérer ce jugement. Une fois de plus, Bob recycle ses vieux tubes d’avant Island en enregistrant une dernière fois Satisfy my soulSun is shining et KayaIs this love est un énorme tube et Marley est la première superstar mondiale issue du tiers-monde.

Toujours en 1978: L’album ”Babylon by bus

Deuxième et dernier album live sorti du vivant du ”pape du reggae”, cet enregistrement fait frissonner des pieds à la tête dès les premières notes. Et jusqu’aux dernières. Le public est déchaîné, Marley à la pêche des grands soirs et les solos de guitare de Junior Murvin, l’homme au pantalon blanc, sont aussi nombreux qu’essentiels. Un inédit, cérise sur ce gâteau déjà bien calorique, le titre Punky reggae party qui célèbre l’union des jeunesses punk et rasta. Idéal pour les matins difficiles.

1979: ”Survival

C’est le dernier chef-d’œuvre de Marley et des Wailers. A l’aube des années 80, Marley décide d’envoyer un message d’espoir à l’Afrique. Entièrement composés de titres originaux, Survival (baptisé à l’origine Black survival) appelle à l’unité de l’Afrique au travers de titre comme Zimbabwe et offre à Bob Marley un triomphe moral et commercial. C’est à la suite de la gigantesque tournée internationale que le rêve de Marley va s’exaucer: Jouer enfin en Afrique.

1980: ”Uprising

Le dernier opus que sortira Bob Marley de son vivant. Les Wailers viennent de se séparer de leur escroc de manager. Don Taylor et Bob commencent à être sérieusement diminués. Au final le groupe doit jongler entre la maladie de son leader, les diverses pressions et les prises studio. Uprising est évidemment brillant d’un bout à l’autre (notamment avec l’étonnant Could you be loved qui inondera bientôt les discothèques. Mais les fans retiendront évidemment la puissance des deux titres qui clôturent l’album. Le cri d’amour de Marley pour Jah (Forever loving Jah) et son chant d’adieu en forme de testament Redemption song.

1983: ”Confrontation

Pour le public non averti, lorsque que sort cet album posthume en 1983, Bob Marley est encore vivant. Confrontation regroupe des titres qui avaient été écartés lors des enregistrement de Survival et de Uprising (comme Buffalo soldier et Rastaman live up). Relativement anecdotique, l’album tente de tout de même de consoler des fans qui pleurent la légende partie beaucoup trop tôt.



Categories: Focus

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