FMI: Dominique Strauss-Kahn démissionne du poste de directeur général.


Cinq jours après son arrestation à l’aéroport JFK de New York, à bord d’un vol de Air France en partance pour Paris, Dominique Strauss-Kahn annonce qu’il quitte ses fonctions de Directeur Général à la tête du Fonds Monétaire International (FMI). Cette annonce fait suite au scandale sexuel survenu dans un hôtel de New York. Un scandale dans lequel il est accusé de séquestration, de tentative de viol et d’agression sexuelle présumée. Cette annonce de démission intervient surtout un jour après l’appel du gouvernement américain, par la voix de son secrétaire au trésor, de rendre le tablier et de permettre ainsi une succession rapide à la tête du FMI. Dans sa lettre de démission adressée au conseil d’administration du Fonds Monétaire International, Strauss-Kahn n’a surtout pas oublié de clamer son innocence par rapport aux faits d’agression sexuelle pour lesquels il est incarcéré.

Dominique Strauss-Kahn a informé aujourd’hui le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) de son intention de démissionner de son poste de directeur général avec effet immédiat”, indique l’institution de Washington dans un communiqué publié ce jeudi, 19 mai.

C’est avec une infinie tristesse que je me sens contraint aujourd’hui de présenter au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général du FMI. Je tiens à dire que je nie avec la plus grande fermeté possible toutes les allégations qui ont été faites contre moi. Je veux protéger cette institution que j’ai servie avec honneur et dévouement, et en particulier, je veux consacrer toute ma force, tout mon temps, et toute énergie à prouver mon innocence. A l’heure actuelle, mes pensées vont d’abord et surtout vers ma femme – que j’aime plus que tout – mes enfants, ma famille et mes amis.”, écrit l’ancien directeur général dans sa lettre de démission adressée au conseil d’administration du FMI.

Dès l’annonce de sa démission comme patron du FMI, ce jeudi matin, la presse française a immédiatement fait bloc autour de l’ancien ministre des finances du gouvernement Lionel Jospin et ex-favori des sondages pour la présidentielle de 2012. Les commentateurs français mettent en avant le fait que l’accusé compte ainsi consacrer toute son énergie à la manifestation de la preuve de son innocence devant la justice américaine. De plus, dans une tentative de réhabilitation de l’image du prévenu, ces journalistes ajoutent qu’il est assez rare que Strauss-Kahn fasse usage d’un langage personnel, y compris les références faites à sa femme, sa famille et ses anciens collègues du FMI.

Pourtant, l’aspect de cette affaire sur lequel la presse hexagonale oublie d’insister, c’est la vie extraconjugale du mis en cause. Dans la presse française, ce n’est un secret pour personne que la vie extraconjugale de Strauss-Kahn est un véritable champ de bataille. Et les charges légales retenues – qui incluent une tentative de viol, une contrainte exercée sur autrui afin d’obtenir une fellation et une séquestration – contre lui par la juge Melissa Jackson de l’Etat de New York sont d’une ampleur absolument grave, même en France et ailleurs en Europe où les citoyens/électeurs semblent porter un jugement moins critique sur le comportement sexuel, et la vie privée – plus généralement – peu orthodoxe de certains politiciens. L’exemple du Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, vient à l’esprit.

D’ailleurs, selon une étude de l’opinion conduite par le CSA, 57% des français interrogés croient fermement que Dominique Strauss-Kahn a été piégé. Parmi les membres et sympathisants du parti socialiste dans lequel milite l’économiste de 62 ans, ils sont 70% à croire à un complot fomenté contre leur champion.

Loin des considérations psychologiques et sociales franco-françaises, l’annonce de la démission de Strauss-Kahn à la tête du FMI, ce matin, est surtout le déclencheur d’un nombre considérable de candidatures au poste de patron de cette institution financière qui a joué un rôle majeur dans la gestion de la crise financière de 2008 et qui continue de jouer un rôle tout aussi important dans la gestion de la crise de la dette des pays européens comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, etc…

Selon le New York Times, la ministre française des finances, Christine Lagarde, est bien placée pour remplacer son compatriote à la tête de cette institution financière internationale. Le mandat de Strauss-Kahn prenant fin en 2012, la nomination de l’actuelle ministre française des finances serait logique.

Il est utile d’ajouter le fait que la démission de Strauss-Kahn à la tête du FMI intervient à un moment où plusieurs pays européens sont confrontés à une crise de la dette des Etats qui, elle-même, a succédé à la crise financière de 2008. Des pays comme la Grèce, particulièrement touchée par cette crise de la dette, ont tout misé sur la confiance qu’inspirait Strauss-Kahn à la tête du Fonds Monétaire International. Sa compétence avérée d’économiste, son profile idéologique de socialiste, son statut d’européen et le fait qu’il soit à la fois politicien et économiste sont des éléments qui rassuraient les partenaires grecs confrontés à la pire crise que leur pays ait connue.

En dehors de Madame Christine Lagarde, le nom qui revient plus souvent est celui de Monsieur Jean Claude Trichet, actuellement à la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE). Mais, avec l’émergence des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud) et leur influence de plus en plus indéniable dans le G20 et sur le marché international, les analystes disent qu’en lieu et place d’un ressortissant français, il serait important d’ouvrir le poste de patron du FMI à un citoyen turque (le poste du directeur général du FMI, depuis sa fondation en juillet 1944, étant toujours revenu à un européen et la Turquie, membre du G20, se trouvant à la lisière de l’Europe). A cet effet, c’est le nom de Kemal Dervis, un ancien ministre des finances turque, qui revient avec instance. Il est crédité d’avoir sauvé l’économie turque, plongée dans une grave crise économique en 2001. Et avant cela, il a travaillé pendant 24 ans pour le compte de la banque mondiale.

Quels que puissent être le nom et la nationalité du successeur de Dominique Strauss-Kahn, selon le FMI, dans un communiqué rendu public mercredi, 18 mai, c’est l’américain John Lipsky qui reste le directeur ad intérim de l’institution.

Dans tous les cas, la date du 30 juin 2011 à été retenue par l’institution financière internationale basée à Washington comme étant le dernier délais du processus de sélection et de nomination du prochain patron du FMI qui s’ouvre le 23 mai prochain.



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