Crise dans la zone €uro: Les Européens au chevet de la Grèce.


160 milliards d’euros, voilà la somme d’argent que les européens ont décidé de mettre sur la table pour sauver la Grèce et empêcher une contagion de la crise de la dette, ce jeudi 21 juillet, à Bruxelles. Ces 160 milliards viennent s’ajouter aux 110 milliards d’euros déjà accordés à la même Grèce en mai dernier. La somme totale de ces deux plans de sauvetage se monte à 270 milliards d’euros. Comparés aux 350 milliards d’euros que représente le montant total de la dette grècque, les deux volets de ce paquet d’aide représentent une véritable bouffée d’oygène pour le gouvernement du Premier Ministre Georges Papandréou. L’objectif des partenaires de la Grèce étant de réduire sa dette publique de 26 milliards d’euros d’ici fin 2014, de manière concertée, ils ont également songé à mutualiser le coût de cette importante opération de sauvetage. Ainsi, l’Europe et le FMI apportent 109 milliards d’euros. Et faisant suite à une exigence de la chancelière allemande, Angela Merkel, les banques, les assureurs et les divers fonds d’investissement qui détiennent environ 150 milliards d’euros d’obligations grècques vont devoir payer le solde évalué à 51 milliards d’euros d’ici à 2014. Mais, cette contribution des institutions privées ne se limite pas à ces 51 milliards et à ce delais de 2014. Bien au contraire. Ces partenaires privés vont devoir faire un double effort : Allonger la durée de remboursement de leurs créances jusqu’à trente ans et diminuer leur taux d’intérêt. La contribution nette totale de la participation privée est donc estimée à un total de 106 milliards d’euros pour la période 2011-2019.

Pourtant, selon certains spécialistes, toutes ces mesures ne sont qu’un point de départ. D’après Kenneth Rogoff, professeur à l’université de  Havard (Massachusets, USA), interviewé par le journal français Le Monde, La crise ne sera pas résolue tant qu’on ne réduira pas drastiquement la dette de la Grèce, probablement de 70 %.

Mais, avant de poursuivre notre lecture de cette situation de cette crise de la dette grècque, passons en revue ces quelques analyses pertinentes. Regardez.

Le compromis scellé entre Paris et Berlin a servi de base à l’accord conclu par les partenaires européens. Il a également servi à provoquer l’éloignement du spectre de la contagion de la crise de la dette en Italie, en Espagne ou au Portugal. Aujourd’hui, la Grèce peut respirer. L’€uro également. Les places boursières, quant à elles, ont repris des couleurs.

Au sortir de cette rencontre, Angela Merkel, très critiquée, a pourtant fait preuve de pragmatisme en réussissant à faire adopter le point qu’elle jugeait incontournable : La participation du secteur privé à l’effort général. Quant au Président français, Nicolas Sarkozy, comment dire? Regardez plutôt…

A l’évidence, cette crise de la dette grècque a réussi à provoquer des effets, pour le moins, inattendus. Y compris sur le Président français. Plus sérieusement, cette crise vient rappeller que, pour un pays, le fait de vivre au dessus de ses moyens économiques a toujours un prix qu’il faut un jour ou l’autre finir par payer. Et dans le cas de la Grèce, les méthodes frauduleuses utilisées par divers gouvernements dans la présentation des comptes publics du pays, avec le concours de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs – espérant ainsi masquer la réalité de la santé financière et économique de leur pays – n’ont fait qu’aggraver la dette grècque et retarder l’échéance de la catastrophe économique pour laquelle l’Union Européenne [l’Allemagne et la France] est aujourd’hui obligée de jouer les sapeurs-pompiers.

A travers ces 160 milliards d’euros d’aide, l’Union Européenne, elle-même, finit par reconnaître une évidence qu’elle a voulu, pendant longtemps, nier: La dette de la Grèce n’est pas soutenable. Elle doit être réduite. Et c’est finalement une bonne chose de faire contribuer les créanciers privés. Pour la Grèce – et plus tard le Portugal – la meilleure solution est sûrement d’effacer une bonne partie de la dette afin de retrouver de la croissance.

Mais, comme cela a déjà été dit, il est illusoire de croire qu’en accordant ces 160 milliards d’euros à la Grèce, l’Europe est automatiquement sortie de l’auberge. Plusieurs raisons à cela…

Tout d’abord, les dirigeants européens n’ont pas clairement présenté le dispositif concernant les cas du Portugal ou de l’Irlande. Et que réserve-t-on comme solution pour le cas de l’Espagne? L’Italie? Et si l’Allemagne en est réduite à se porter garante de la dette des différents membres de l’Union, qu’adviendra-t-il de son propre crédit, de sa propre solvabilité sur le moyen terme? Les 440 milliards d’euros du FESF [Fonds Européen de Stabilité Financière] – ”le FMI Européen”, selon Sarkozy – suffiront-ils pour prévenir les départs de feu, ou amortir les chocs futurs?… Des questions et d’autres qui ne tarderont pas surgir et qui ébranleront, de nouveau, l’Europe.



Categories: Economy

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