Le Sommet Européen de Bruxelles du 26/27 octobre 2011: Sauver l’euro et la Grèce, à tout prix. A tous les prix.


Dans la nuit de mercredi à jeudi, les européens, une fois de plus, se sont réunis à Bruxelles pour sauver la monnaie européenne et la Grèce. Pour cela, les dirigeants des pays de l’Union Européenne ont dû sortir l’artillerie lourde pour contrer les effets dévastateurs de la crise qui, chaque jour, un peu plus, décime l’économie du vieux continent.

Au chapitre des décisions d’importance : L’effacement de 50% de la dette grecque par ses créanciers privés et le renforcement du Fonds de stabilité de la zone euro.

La première mesure appelle les banques et les fonds d’investissements privés qui détiennent des titres sur de la dette grecque à accepter de renoncer à 50% de leurs créances sur la dette du pays d’ici 2020. Autrement dit, à partir de janvier 2012, ces investisseurs échangeront leurs obligations de dette grecques contre d’autres titres dont la valeur sera diminuée de moitié. Cette transaction représente une annulation pure et simple de 100 milliards d’euros de la dette grecque, actuellement évaluée à 350 milliards d’euros.

Afin de ne pas complètement spolier et déprimer ces investisseurs volontaires et coopératifs, Le fameux  Fonds de stabilité de la zone euro (FESF) apportera à ces créanciers privés 30 milliards d’euros de garanties sur ces nouvelles créances.

Par ailleurs, le plan de 109 milliards d’euros d’aide publique mis sur pied par l’Union Européenne et le Fonds monétaire international en faveur de la Grèce, décidé le 21 juillet 2011, est remplacé par un nouveau plan. Celui-ci est évalué à 100 milliards d’euros et s’étend jusqu’en 2014. Une étroite surveillance diligentée par les créanciers accompagnera la mise en oeuvre des réformes réclamées à la Grèce. En contre partie, Athènes devra trouver 15 milliards d’euros pour réduire sa dette en procédant à des privatisations.

Une autre mesure importante : La récapitalisation des banques à travers le mécanisme du renforcement des fonds propres de ces institutions financières (le capital social et les bénéfices sont mis en réserve). Ces fonds propres devront atteindre ”9% à la fin du premier semestre 2012”. Pour réaliser cet objectif, ’’les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées’’ […] ’’Les banques devraient être sujettes à certaines contraintes concernant la distribution de dividendes et le paiement de primes’’.

L’Autorité Européenne des Banques (EBA) estime à 106 milliards d’euros les besoins de recapitalisation de 70 établissements financiers européens. Avec un besoin évalué à 30 milliards d’euros, les banques grecques sont les principales concernées. Elles se placent devant les banques espagnoles (26,16 milliards) et italiennes (14,77 milliards).

La troisième mesure phare de ce sommet concerne le renforcement du fonds de sauvetage de l’euro.

Actuellement doté d’une capacité de prêt de 440 milliards d’euros, le fonds européen de stabilité financière (FESF) gagnera en importance et en valeur. Son capital pouvant atteindre jusqu’à 1.000 milliards d’euros.

Dans la pratique, deux mécanismes permettront la faisabilité de cette procédure :

  • Le premier mécanisme consistera à garantir une partie des pertes éventuelles des investisseurs privés lorsqu’ils achèteront des obligations souveraines sur le marché primaire.
  • L’autre mécanisme consistera à créer un ou plusieurs fonds spéciaux (‘’special purpose vehicles’’) destinés à attirer les investisseurs extérieurs privés ou publics, comme les pays émergents (Chine, Brésil, Russie, Turquie, etc…).

Comme mesure accessoire, des sommets de la zone euro auront lieu deux fois par an. Ils seront présidés, au moins dans un premier temps, par le président de l’UE, le Belge Herman Van Rompuy. Un changement du traité de l’UE est également envisagé afin de renforcer et rendre plus flexible la gouvernance et le fonctionnement de l’Union Européenne.

Les règles d’or sur l’équilibre budgétaire, quant à elles, seront généralisées afin de renforcer la discipline budgétaire de l’union monétaire. Le communiqué final recommande ’’l’adoption par chaque Etat membre de règles sur un budget équilibré transmettant le Pacte de stabilité et de croissance dans la législation, de préférence au niveau constitutionnel ou équivalent, d’ici fin 2012’’.

Etant donné la situation extrêmement délicate qui prévaut actuellement dans les pays comme l’Espagne, le Portugal et surtout l’Italie, il est évident qu’il incombe désormais à la Banque Centrale Européenne (BCE) d’enfiler la tenue du pompier pour soutenir ces pays fragiles. Mario Draghi, le successeur de Jean Claude Trichet à la tête de cette institution, a promis de poursuivre cette mission.

La réaction des marchés, après la longue nuit des tractations de Bruxelles, est évidemment très enthousiaste. La bourse d’Athènes a terminé jeudi en forte hausse (+4,82%) à 811,11 points. A Londres à la mi-journée, les banques étaient également en tête des hausses, en particulier Royal Bank of Scotland (RBS) qui bondissait de 15,17% ou Barclays de 15,06%. Même chose à Milan où Intesa Sanpaolo prenait 9,15%, UniCredit 8,35% et Mediolanum 7,94%.

La Bourse de Paris, euphorique, termine sur un bond de 6,28%. Le CAC 40 a pris 199 points à 3.368,62 points, dans un volume d’échanges de 5,630 milliards d’euros.



Categories: Economy

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