L’Afrique du sud fête les 100 ans de l’ANC.


Le Congrès National Africain (l’ANC) est le symbole indiscutable de la lutte contre le régime de l’Apartheid. Ce parti politique est aussi celui qui a donné à la République d’Afrique du Sud son premier Président Noir en 1994: Nelson Mandela. Comme mouvement politique, l’ANC a été fondé le 8 janvier 1912, dans la ville de Bloemfontein (rebaptisée Mangaung ou ”l’endroit des guépards” en sésotho), l’actuelle capitale judiciaire du ”pays de l’arc-en-ciel”.

En réaction à la mise sur pied, en 1911, de l’Union d’Afrique du Sud (une entité politique et juridique formée par des colonies britanniques et des Etats indépendants afrikaners) constituée pour le seul but de servir les intérêts des Blancs et des groupes miniers, des intellectuels, des chefs religieux, des rois représentant la population autochtone se réunissent de toute urgence dans une église de Bloemfontein en 1912. Réalisant la portée et la puissance dont dispose désormais cette Union d’Afrique du Sud blanche, ces élites autochtones décident de donner naissance au South African Native National Congress (qui deviendra l’ANC, une décennie plus tard) pour défendre les droits et privilèges des populations autochtones.

C’est fort logiquement dans cette ville que, durant le week-end qui va du 6 au 8 janvier, les militants du parti iront célébrer les 100 ans de son existence, les 100 ans de son histoire. A l’ occasion des festivités de ce centenaire, plus de 45 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus. Aux côtés de ces 46 leaders politiques, sont également attendus quelques 100’000 militants et sympathisants entousiastes.

La célébration du centenaire de l’ANC marque, en effet, une étape importante pour le parti de Nelson Mandela. Une étape importante pour ce parti qui, contre toute attente, a réussi à transformer et à stabiliser l’Afrique du Sud. Là où il y a encore 20 ans, dans ce pays d’Afrique, seuls les Blancs pouvaient voter, l’ANC a réussi à octroyer ce droit fondamental à tout citoyen Sud Africain. Depuis 1994, les plages, les meilleurs restaurants, les meilleures universités, les jardins publics, etc… ne sont plus réservés qu’aux seuls Blancs, comme le précisait ostentoirement cette expression AfrikaansNie Blankies” (”Réservé aux Blancs”).

Bien évidemment, le bilan de l’ANC, parti au pouvoir, n’est pas parfait, lorsqu’il célèbre ses 100 ans d’existence ce week-end, aux sons des fanfares, des klaxons et des vuvuzéla des cortèges de sympathisants du parti. Loin s’en faut. Et c’est légitimement désappointés que les admirateurs de Nelson Mandela relèvent cet aspect des choses.

Au rang des reproches… Pêle-mêle: Le taux de chômage qui reste scotché à 36% de la population active. Ce taux de chômage explose chez les jeunes, allant jusqu’à 70%. Sur une population totale de 50’586’757 de Sud Africains, 50% sont obligés de partager 8% du revenu national, selon l’Union des Syndicats d’Afrique du Sud. Cette population multiraciale (79,5% de Noirs, 9% de Blancs, 9% de Métisses et 2,5% d’Asiatiques/Indiens, selon les Statistisques Nationales) vit également avec un sentiment diffus de désenchantement qui fait suite à des scandales de corruption et des cas d’enrichissement personnel qui sévissent dans les rangs des dignitaires du parti de Nelson Mandela.

Depuis le départ de Nelson Mandela et sa succession à la tête de l’ANC par Thabo Mbeki, le parti centenaire n’a plus vraiment connu de leader charismatique. Critiqué d’être trop intellectuel et en total déphasage avec les réalités de la vie du Sud Africain moyen, le Président Mbeki a été débarqué du navire ANC, sous l’extraordinaire pression d’un jeune leader aux dents longues qui répond au nom de Julius Malema. Immédiatement, lui a succédé l’ancien combattant des guérillas Jacob Zuma. Emprisonné à Robben Island, en même temps que Nelson Mandela, le Président Jacob Zuma est aussi une légende en Afrique du Sud. Mais, ses détracteurs lui reprochent son style de vie (la polygamie, notamment). Et ces temps derniers, le jeune Julius Malema, qui a fait débarquer Thabo Mbeki, s’active à écrire le même scénario pour la fin de règne de l’actuel Président de la République d’Afrique du Sud avec qui les relations se sont rapidement dégradées récemment.

Sous le coup d’une enquête de police pour des motifs de corruption et d’évasion fiscale, Malema, le jeune loup aux dents longues, pressenti par la majorité des jeunes militants de l’ANC pour succéder au Président Zuma à la tête du parti, ne pourra pas prendre part aux festivités du centenaire qui se déroulent ce week-end à Bloemfontein. Sanctionné et suspendu pendant cinq ans par le comité de discipline de l’ANC, Julius Malema vient, par ailleurs, de faire appel de cette décision.

Mais, peu importe celui qui présidera aux destinées de ce parti de légende, peu importe la personnalité qui dirigera ce ”plus ancien mouvement de libération du monde”; comme l’a promis le Président Jacob Zuma, en Afrique du Sud, l’ANC est parti pour rester ‘‘au pouvoir jusqu’à ce que Jésus revienne”. Ayant successivement remporté tous les suffrages (à hauteur de 60% des votes exprimés, en moyenne) auxquels l’ANC s’est présenté depuis 1994, et malgré la longue liste de scandales de corruption qui ne cessent d’entamer la réputation du parti; à moins qu’un miracle fasse spectaculairement émerger un parti rival, le parti de Jacob Zuma est assuré de garder le pouvoir pendant un bonne partie de l’histoire du ”pays arc-en-ciel”.

Joyeux Anniversaire à ce parti de légende et à ses militants fidèles.



Categories: Focus

Tell us what you think. Cliquez ici et donnez votre avis

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: