L’Américain Jim Yong Kim devient le Nouveau Président de la Banque Mondiale.


”Vous savez, ce choix n’est pas vraiment fondé sur le mérite. C’est un vote en fonction du poids politique. Et pour cette raison, les Etats-Unis vont l’emporter”. déclarait encore récemment Mme Ngozi Okonjo-Iweala, très appréciée des fonctionnaires de la banque mondiale et, elle aussi, candidate à la présidence de cette institution, où elle a passé 25 ans de sa carrière.

Malgré une longue carrière à la Banque, c’est probablement sa nationalité nigériane qui l’a empéché d’aller plus haut que le poste de directrice générale qu’elle a occupé de 2007 à 2011 au sein de la même institution.

Comme prévu – et selon le pronostic de Mme Ngozi Okonjo-Iweala – c’est le candidat américain, Jim Yong Kim, médecin et anthropologue de 52 ans, président de l’université de Dartmouth dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis) qui a été élu président de la Banque mondiale, ce lundi 16 avril, en remplacement de Robert Zoellick dont le mandat s’achèvera le 30 juin.

Pour la première fois depuis la création de la Banque en 1944, un candidat américain avait en face de lui deux candidats issus des pays en développement : la ministre nigériane des finances et ancienne n° 2 de la Banque, Ngozi Okonjo-Iweala, et l’ancien ministre des finances colombien et ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, José Antonio Ocampo.

M. Ocampo s’étant retiré de la compétion le 13 avril, le duel Kim-Okonjo a tourné court en raison du ralliement à la candidature américaine notamment du Canada, de la Corée du Sud, du Japon, du bloc des Européens et de la Russie qui a officiellement “trahi” le groupe des émergents baptisé BRICS (Brésil, Russie, Inde,Chine, Afrique du Sud).

De l’avis des économistes du monde entier, face à Monsieur Kim, Mme Okonjo-Iweala était pourtant la plus compétente en matière de développement. Mais Barack Obama, en campagne électorale, ne voulait pas céder un poste que détiennent les Etats-Unis depuis la fondation de la Banque, les Européens se réservant le Fonds monétaire international (FMI). Ses adversaires républicains n’auraient pas manqué de lui en faire grief pour dénoncer son faible patriotisme. Pour porter les couleurs américaines, il a eu l’habileté de choisir un candidat né en Corée du Sud, mais ayant été élevé en Amérique.

De cette situation, il ressort qu’une fois de plus, les pays riches ont maintenu leur emprise sur les institutions multilatérales, malgré leur ralliement hypocrite à un processus de nomination annoncé “au mérite” et non plus en fonction de la nationalité. Surtout que les Etats membres de la Banque mondiale s’étaient engagés en 2011 à choisir le prochain président selon une procédure ”ouverte, transparente et fondée sur le mérite”.

Si les pays émergents veulent, comme ils le proclament à tort et à travers, assumer enfin des responsabilités correspondant à leur poids économique croissant, ils devront aussi songer à mettre un terme à leurs divisions et soutenir un même candidat.

Peu connu, y compris dans son propre pays, avant d’être sélectionné par le président Barack Obama, Jim Yong Kim, praticien de la santé publique, devra surmonter le scepticisme d’une bonne partie de la corporation des économistes, qui lui reproche une certaine inexpérience financière et diplomatique.



Categories: Economy

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