George Zimmerman est remis en liberté (une fois de plus).


George Zimmerman, le meurtrier de Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans abattu par balle en février, a été remis en liberté sous caution, vendredi 6 juillet, à Sanford en Floride, a-t-on appris auprès des autorités pénitentiaires. Son avocat avait précisé la veille qu’il pourrait sortir de prison après avoir payé 100 000 dollars, soit 10 % de la caution d’un million de dollars fixée par un juge de Floride.

Ce vigile autoproclamé de 28 ans est accusé d’avoir tué le jeune homme alors qu’il effectuait une ronde de surveillance dans son quartier. Aucune poursuite n’avait été diligentée, jusqu’à ce qu’une forte mobilisation des organisations dedéfense des droits civiques, dénonçant un crime raciste, ne provoque l’inculpation de Zimmerman.

Né de père américain et de mère péruvienne, l’homme a reconnu avoir tiré sur Trayvon Martin. Il évoque pour sa défense une loi controversée de Floride qui permet d’utiliser la force dès lors qu’on se sent menacé. Arrêté le 11 avril, il avait été remis en liberté conditionnelle le 23 du même mois. La justice avait par la suite suspendu sa liberté conditionnelle, estimant que l’accusé s’était lancé dans une entreprise de “falsification” destinée à faire baisser le montant de sa caution.

Alors que Barack Obama est entré en campagne pour sa réélection, le meurtre du jeune Noir Trayvon Martin, 17 ans, commis à Sanford le 26 février, rappelle que la question raciale continue de diviser l’opinion américaine. Aucune poursuite n’avait été diligentée contre son meurtrier, blanc, George Zimmerman, un vigile autoproclamé, jusqu’à ce qu’une vague de protestation dans tout le pays finisse par imposer son inculpation, le 12 avril.

Le cas du meurtre de ce jeune Africain Américain et le traitement qui lui a été réservé par la justice de l’Etat de Floride montre à quel point les Etats-Unis restent divisés du point de vue racial. Beaucoup d’Américains sont convaincus que la police et la justice auraient agi différemment si un jeune Noir avait tué un Blanc désarmé. Et il a fallu que la société civile se mobilise pour que le meurtrier soit poursuivi. Selon un récent sondage, les Blancs trouvent que les médias ont accordé trop d’importance à cette affaire, tandis que les Noirs sont d’un avis opposé. Ce sont des réalités lourdes de sens.

Barack Obama est président des Etats-Unis et cela traduit un grand changement. Mais ce qui s’est passé au lendemain du meurtre de Trayvon Martin montre aussi la persistance de la barrière raciale. Regardez la prudence avec laquelle Obama s’est exprimé sur ce meurtre ! C’est la personne la plus puissante des Etats-Unis, mais dès qu’il s’agit de la race, ce “numéro un” marche sur des oeufs. Il sait que la société est instable dans ce domaine et que le sujet peut lui exploser à la figure. Cela suffit à montrer la centralité de la question raciale dans la société américaine.

AFP et Philippe Bernard.



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