Barack Obama: la persévérance remplace le “changement”


Barack Obama a accepté, jeudi 6 septembre, l’investiture du Parti démocrate pour affronter le républicain Mitt Romney lors de la présidentielle américaine du 6 novembre. “J’accepte votre investiture pour la fonction de président des Etats-Unis”, a affirmé M. Obama, accueilli triomphalement par des milliers de délégués réunis dans le Time Warner Cable Arena, de Charlotte, en Caroline du Nord.

Dans un discours qui ne pouvait qu’être un cran en dessous de celui prononcé la veille par Bill Clinton, Barack Obama a mentionné les épreuves traversées par son pays depuis 2008. Il a reconnu que le slogan d’espoir sur lequel il avait été élu il y a quatre ans avait été “mis à l’épreuve” mais promis aux Américains que le changement restait possible, en sollicitant leurs suffrages pour un second mandat.

“La première fois que j’ai parlé devant la convention en 2004, j’étais plus jeune, j’étais un candidat au Sénat de l’Illinois qui parlait d’espoir”“Huit ans plus tard, cet espoir a été mis à l’épreuve. Par le coût de la guerre, l’une des pires crises économiques de notre histoire, et le blocage politique qui nous a fait nous demander s’il était toujours possible d’être à la hauteur des problèmes de notre époque”.

FRANKLIN ROOSEVELT COMME RÉFÉRENCE

Le président a expliqué aux électeurs qu’ils avaient à choisir entre “deux voies fondamentalement différentes”“Je ne vais pas prétendre que la voie que je propose est rapide ou simple”, a-t-il déclaré. “Je ne l’ai jamais fait. Vous ne m’avez pas élu pour vous dire ce que vous avez envie d’entendre. Vous m’avez élu pour vous dire la vérité.” Et la vérité, a-t-il ajouté, “est qu’il nous faudra plus que quelques années pour résoudre les problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies.”

 “Mais sachez-le… nos problèmes peuvent être résolus. Nous pouvons être à la hauteur des difficultés. Le chemin que nous proposons est peut-être plus difficile, mais il nous mène vers un monde meilleur”, a-t-il encore dit, après avoir formellement accepté l’onction de sa formation politique.

“C’est ce que nous pouvons faire dans les quatre années à venir, et c’est la raison pour laquelle je suis candidat à un deuxième mandat de président des Etats-Unis”, a-t-il lancé, en tentant de se réapproprier le thème du “changement” qui avait fait son succès en 2008. Surmonter la pire crise économique depuis 1929 signifiera un “effort commun, une responsabilité partagée, et le genre d’expérimentations audacieuses et persistantes que Franklin Roosevelt a effectuées pendant la seule crise pire que l’actuelle”, a-t-il ajouté.

“Si vous vous détournez maintenant, si vous vous laissez convaincre par le cynisme selon lequel le changement pour lequel nous avons combattu n’est pas possible, le changement n’aura pas lieu”, a développé M. Obama, dont le discours a été interrompu de très nombreuses fois par des ovations debout.

“Si vous abandonnez l’idée que votre voix peut faire la différence, alors d’autres voix viendront remplir ce vide: les lobbyistes et les défenseurs d’intérêts particuliers, les gens qui essaient d’acheter cette élection avec des chèques de 10 millions de dollars, les politiciens de Washington qui veulent décider qui vous avez le droit d’épouser, ou contrôler les choix que les femmes devraient faire d’elles-mêmes”“Vous seuls pouvez faire en sorte que cela ne se produise pas. Vous seuls avez le pouvoir de nous faire aller de l’avant”, s’est écrié M. Obama.

LEÇON DE POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Plus d’un an après la mort d’Oussama Ben Laden, tué en mai 2011 au Pakistan par un commando de forces spéciales américaines, le président s’est permis une seule attaque contre Mitt Romney, ironisant sur le manque d’expérience en politique étrangère de Mitt Romney et de son colistier Paul Ryan. “On n’est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l’on ne peut pas se rendre aux Jeux olympiques sans insulter notre allié le plus proche”, a lancé M. Obama, en allusion à une visite effectuée par M. Romney fin juillet à Londres au cours de laquelle il avait piqué au vif la fierté de ses hôtes par des déclarations sur l’impréparation des J.O.

“On ne qualifie pas la Russie d’ennemi numéro un, et non Al-Qaida, sauf si l’on est bloqué dans une mentalité de la guerre froide”, a poursuivi le président américain, faisant cette fois référence à de récents propos de Mitt Romney à ce sujet. “Mon adversaire et son colistier [Paul Ryan] sont novices en politique étrangère”, a-t-il fait valoir. “Mon adversaire a dit que c’était “tragique” de mettre fin à la guerre en Irak et il ne nous dit pas comment il compte mettre fin à la guerre en Afghanistan. Je l’ai fait et je le ferai”, a-t-il dit.

Plus tôt dans la soirée, John Kerry et Joe Biden avaient aussi souligné l’inexpérience du ticket républicain dans le domaine de la diplomatie.

LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

A Mitt Romney qui avait affirmé à Tampa que “Le président Obama a promis de freiner la montée des océans et de guérir la planète. Ma promesse (…) est de vous aider, vous, et votre famille”, le président a répondu sans ambiguïté. “Oui, mon projet est de continuer à réduire la pollution carbone qui réchauffe notre planète, parce que le changement climatique n’est pas un mythe”, a lancé le président au milieu de son discours d’investiture. “Avoir de plus en plus de sécheresses, d’inondations, et d’incendies de forêt, ce n’est pas une blague. C’est une menace pour l’avenir de nos enfants”, a-t-il ajouté. “Lors de cette élection, vous pouvez faire quelque chose pour changer cela”, a encore insisté le candidat démocrate.

VERS LE RÉTABLISSEMENT

Reconnaissant que la voie qu’il propose vers un rétablissement “ne sera ni rapide, ni facile”, M. Obama a aussi assuré à ses compatriotes qu’ils l’avaient élu en 2008 pour qu’il leur dise “la vérit锓Et la vérité est qu’il nous faudra davantage que quelques années pour résoudre des problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies”, a-t-il ajouté. “En fin de compte, lorsque vous prendrez ce bulletin de vote, vous vous retrouverez face au choix le plus clair depuis une génération”, selon lui.

A l’issue de son discours, M. Obama a été rejoint sur scène par son épouse, Michelle, leurs deux filles, Sasha et Malia, Joe Biden et sa femme, Jil. ils ont salué la foule sous une pluie de confettis bleu, blanc et rouge, les couleurs du drapeau américain. Sasha, 11 ans, et Malia, 14 ans, désormais aussi grande que ses parents, ont écouté son discours, au cours duquel il leur a rappelé qu’il n’était pas question qu’elles manquent l’école vendredi.

M. Obama doit repartir en campagne dès vendredi avec Joe Biden dans le New Hampshire et l’Iowa, deux Etats-clés où Mitt Romney a prévu de se rendre le même jour. Les deux camps auront les yeux rivés sur les chiffres mensuels du chômage attendus vendredi matin et qui pourraient jeter une ombre sur les bénéfices politiques de la convention.

Avec AFP & Reuters

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