Cameroun: le pétrole et le diamant font la paire


Disons le simplement, le Cameroun est un pays riche en ressources naturelles. Et l’on n’a pas fini de recenser la totalité de ses richesses.

Tenez, par exemple, il dispose de ressources agricoles (bananes, cacao, café, coton, etc…) et forestières en grande quantité. Son PIB – sa richesse totale – (estimé, en 2011, à plus de 24’000 Milliards de Francs CFA pour une population d’environ 20 Millions d’habitants) représente la moitié de celui de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Ce qui lui vaut une place de leader dans cette sous-région.

Par ailleurs, de 1965 à 1984, le Cameroun ajoutait, en moyenne, 15% de richesse à son patrimoine national, chaque année.

Mais, depuis 1985, la situation économique s’est fortement dégradée. Ensuite, en janvier 1994, est arrivée la dévaluation du franc CFA. A cette crise économique et à cette dévaluation a succédé une décennie de récession caractérisée par une forte baisse du PIB (-30% entre 1985 et 1994) et une chute d’environ 40% du pouvoir d’achat de la population. Ce n’est qu’à partir des années 2000 que le Cameroun va pouvoir renouer avec la croissance économique. Et, il est utile de faire remarquer que ce redémarrage économique reste poussif. Car, partout ailleurs en Afrique, alors que l’on flirte facilement avec des taux de croissance de 6% (Botswana), voire 10% (Angola); au Cameroun, le taux de croissance de 5% reste un exploit difficilement atteignable, mais pourtant nécessaire si l’on veut rester sérieux par rapport à l’engagement pris sur les objectifs du millénaire.

La diversification de partenaires économiques (ex: la Chine et sa forte croissance économique) a permis la signature de nombreux accords de partenariat en tout genre. Ajoutée à cela, la recherche de nouvelles solutions pour sortir de la pauvreté n’a pas faibli. Au milieu de ces solutions, peut-on le souligner, se trouvent le pétrole et le diamant. Des richesses exceptionnelles dont dispose, évidemment, le Cameroun.

Quelle place occupent ces deux ressources?

  • Le pétrole camerounais

En perte de vitesse depuis la fin des années 1980, la production pétrolière du Cameroun semble être en voie, ces derniers temps, d’un solide regain de forme. Pour vérifier cela, il suffit de passer en revue les nombreux contrats de partage de production signés entre la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et les différentes multinationales pétrolières. L’objectif étant de développer de nouveaux blocs de production.

Le contrat signé en janvier dernier entre la société nationale des hydrocarbures et Kosmos Energy Cameroon HC, portant sur une surface de 1289 km², est un exemple parlant.

Par ailleurs, les champs offshore de Dissoni, dans le Rio del Rey (gisements dont la capacité totale est estimée à 100 millions de barils) ; ceux de la zone de Kribi-Campo, ou encore ceux de la zone de Mokoko-Abana – comportant plusieurs puits appartenant à Addax Petroleum Cameroon – sont en forage avec pour principal objectif de stabiliser la production à partir de 2012 et de garantir une hausse de la production nationale dès l’année prochaine. Pour compléter le tableau, il ne faut guère omettre le bloc découvert dans le bassin du Logone Birni (champs onshore), situé dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Et pendant que tous ces protocoles d’accord d’exploitation se mettent en place, jeune afrique nous apprend que, la semaine dernière, la SNH s’est associée avec Perenco pour acquérir un nouveau terminal de stockage flottant.

Ce terminal sera opéré par Cameroon Oil Terminal, une coentreprise (joint venture) entre Perenco, majoritaire avec 51% des actions, SNH (44%) et le suisse ABC Maritime Group (5%). Le montant engagé par les trois partenaires n’est pas connu, mais l’opération devrait permettre de diminuer les coûts des opérateurs pétroliers actifs dans le Rio del Rey.

D’après la SNH, citée par Reuters, les économies réalisées pourraient atteindre 225 milliards de F CFA (343 millions d’euros) sur les quinze prochaines années. mais, très clairement, ici, l’objectif est d’atteindre les 90’000 barils par jours en 2012, contre les 60’000 bpj enregistrés en 2011.

Avec tout ce regain d’activité dans le secteur du pétrole, l’on espère que les dirigeants camerounais se sont souciés de négocier, dans l’intérêt de tous les camerounais, une part importante – réputée être la plus faible au monde, selon une étude publiée en 2002 – au bénéfice généré par la production sur ces nouveaux gisements.

  • Les diamants sont éternels

Pour ce qui concerne la production du diamant, le Cameroun vient de rejoindre le club très fermé des pays exportateurs et producteurs de diamants. Cette année, il est devenu le 78ème pays à intégrer le processus de Kimberley – un regroupement de gouvernements et d’industriels qui contrôle la provenance des diamants et les conditions dans lesquelles ils sont exploités.

Cette instance de certification s’assure qu’aucun diamant ayant par exemple financé des conflits armés, également appelés ”diamants de sang”, ne soit vendu sur les marchés internationaux.

Le pays de Paul Biya compte désormais devenir un producteur mondial de premier plan. Il place tous ses espoirs dans un gisement découvert il y a quatre ans dans la région de l’Est : le site de Mobilong.

Situé à 35 km au sud de Mboy, en plein cœur de la forêt équatoriale, les réserves de diamant des mines de Mobilong  comptent parmi les plus importantes au monde. Plusieurs entreprises sont déjà bien positionnées pour exploiter le filon.

Le sud-coréen CK Mining détient un permis d’exploitation en partenariat avec le gouvernement. Ce groupe prévoit d’investir 500 Milliards de F CFA sur vingt-cinq ans. Botswana Diamonds, une société minière irlandaise possède elle aussi une concession de 8’000 km² sur le site de Mobilong.

CK Mining prévoit d’atteindre une production d’1 Million de carats par an. Mais sur l’ensemble du territoire les premières estimations de production sont bien supérieures : de l’ordre de 3 à 5 millions de carats.

Les premières installations nécessaires à l’extraction du minerai sont en place depuis mars dernier mais la production ne devrait pas démarrer avant deux ans.

D’ici là, la majorité de la production camerounaise restera artisanale et ne dépassera pas  les 5’000 carats par an.

Sources: Jeune Afrique et www.alqarra.tv



Categories: Economy

1 reply

  1. Merci pour tous ces eclaircissements. Mais pourquoi notre gouvernement qui dit vouloir mettre des moyens pour le develloppement de notre cher pays ne le fait pourtant pas? La jeunesse creve,je vus assure. Faites quelque chose pour la jeunesse du Cameroun. Les jeunes de Bonaberi appellent le gouvernement a l’aide…

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