Cameroun: Bertrand Teyou a la ferme intention de faire expulser Paul Biya de la Suisse


Bertrand Teyou © AI

Bertrand Teyou © AI

Cameroun libre”, un collectif de ressortissants camerounais vivant en Europe, a formellement demandé, le mercredi 9 janvier 2012, au conseil fédéral — le gouvernement suisse — d’expulser Paul Biya du territoire de la confédération helvétique. Comme on peut aisément le déviner, l’actuel séjour du Président camerounais en Suisse ne sera pas un long fleuve tranquille.

En effet, moins d’une semaine après un énième départ du Cameroun à destination de l’Europe pour “un court séjour privé”, l’arrivée en terre suisse du couple Paul et Chantal Biya, habituellement accompagné de proches collaborateurs, est venu provoquer l’ire du collectif “Cameroun libre”. Du coup, des voix de protestation s’élèvent du côté de Genève, où le chef de l’Etat, âgé de 80 ans, et son staff se sont installés.

Ces clameurs de colère sont portées par une figure bien familière au couple présidentiel: l’écrivain camerounais en exil, Bertrand Teyou, actuellement porte-parole du collectif contestataire.

Auteur de plusieurs pamphlets (“L’Antécode Biya”; “La Belle de la République bananière: de la rue au Palais”) contre la gestion estimée catastrophique du Cameroun par Paul Biya, Betrand Teyou a été forcé en exil, après un séjour en prison et suite à la perte de son enfant, mort dans l’incendie qui a ravagé sa résidence.

Aujourd’hui, sur le mobile de la démarche contestataire du collectif Cameroun libre” dont il est le porte-parole, il déclare que “nous osons réitérer, à travers une bien modeste voix, le cri de détresse de tout un peuple. Le cataclysme politique au Cameroun se précise. Une détonation dont les violentes déflagrations partant du centre de l’Afrique menace d’engloutir tout un continent déjà meurtri par de multiples conflits. Face à ce chaos, le président camerounais trouve le moyen de passer du bon temps sur les bords du lac Léman, dilapidant l’argent d’un pays  dévasté par son régime de terreur et d’horreur. Paul Biya vit en véritable prince choyé à Genève, ville où fut conçu le “Mein Kampf” camerounais (“Pour le libéralisme communautaire”), mis en œuvre par le Suisse Pierre-Marcel Favre qui, après avoir engrangé des milliards de francs CFA avec son ami dictateur, lancera le Salon du livre de Genève”.

Manifestations publiques

A l’évidence, Bertrand Teyou et ses camarades condamnent le séjour dispendieux du premier couple camerounais dans un contexte où des millions de citoyens de ce pays d’Afrique centrale vivent dans l’indigence la plus totale (le manque d’eau potable, l’insécurité la plus absolue, le manque d’infrastructures modernes, une fourniture insuffisante en électricité, le chômage endémique, la corruption et le climat avéré d’impunité). Ce mouvement de contestation contre un énième “séjour privé” du Président camerounais sur les bords du lac léman est, en fait, un cri du cœur. C’est l’appel à l’aide d’un groupe de compatriotes qui implorent l’aide d’un gouvernement étranger, l’appui du conseil fédéral suisse pour rappeler à un vieux dirigeant africain le principe élémentaire qui doit régir le comportement de tout politicien en responsabilité: Pendant le mandat confié par le peuple pour le gouverner, le politicien/le gouvernant doit servir et non se servir.

Nous savons pouvoir compter sur le soutien des autorités suisses qui ne ménagent aucun effort contre les assassins étrangers. Rassurez-vous, notre initiative vise, sur la base de projets concrets existants, le raffermissement des conditions de développement. Ce qui, dans le moindre des cas, améliorera les rapports de partenariat qu’entretiennent le Cameroun” et la Suisse.

Bertrand Teyou, que “Le Messager” — un quotidien camerounais —  a contacté, annonce aussi “une série de manifestations publiques à Genève goupillées par le collectif de compatriotes venus de Paris, Londres et Bruxelles. Des compatriotes qui vont nous rejoindre sur place à Genève […] Nous attendons une quarantaine de personnes. Dès ce jour [jeudi, 10 janvier], je donne une conférence de presse avec les journalistes suisses pour repréciser le bien-fondé de la démarche du collectif qui sollicite l’appui du Conseil fédéral: l’expulsion non négociable de Paul Biya et Cie”, explique-t-il.

Il est important de souligner que le combat que mène désormais Bertrand Teyou, en tant que porte-parole de “Cameroun libre”, est similaire à celui que mène, depuis plusieurs années déjà, un autre mouvement contestataire connu comme étant le “collectif des organisations démocratiques et patriotiques des Camerounais de la diaspora” (CODE), un groupe d’activistes, mené par Brice Nitcheu. Leur objectif est sans équivoque: Empêcher le chef de l’Etat octogénaire (ou huitantenaire, comme disent les Suisses romands) de dormir tranquille durant ses “trop longs séjours hors du Cameroun”.

Texte écrit par ALAIN NJIPOU/CV et édité par Philémon OWONA. La vidéo est de Félicité Ngadja.



Categories: Focus

Tell us what you think. Cliquez ici et donnez votre avis

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: