Israël: Des femmes Ethiopiennes avaient bel et bien été contraintes de recevoir des injections de Dépo-Provera


Il était temps! Le gouvernement israélien a fini par reconnaître, selon un article paru dans Haaretz, que des Ethiopiennes qui avaient émigré en Israël, il y a huit ans, avaient été contraintes de se voir injecter du Dépo-Provera, un contraceptif longue durée, si elles voulaient entrer sur le territoire. Une condition d’entrée en Israël qui n’a aucun sens — si ce n’est celui de la discrimination — d’autant que, depuis les années 1980, les Falashas (encore appelés Beta Israel) peuvent quitter l’Ethiopie et entrer en Israël, en vertu de la loi du retour votée en 1950. Une loi qui garantit à tout juif le droit d’émigrer en Israël.

Mais la question de la judéité des Juifs noirs d’Ethiopie est régulièrement rejetée et niée par certains rabbins et les franges les plus radicales de la population Israélienne. A tort.

Le Dépo-Provera, d’une durée d’action de trois mois, fait partie des progestatifs injectables, une méthode hormonale de contraception. L’on ne l’utilise en général qu’en dernier recours, lorsqu’il n’est plus possible d’utiliser d’autres méthodes contraceptives, pour les femmes placées en institution ou souffrant de handicap par exemple. En Israël, les femmes Ethiopiennes, bien que ne représentant qu’un (1) % de la population du pays, utilisent 57% (selon les chiffres d’un rapport publié en 2010) de la livraison nationale de ce contraceptif qui leur a été administré aux forceps, pendant de longues années.

Alors que des témoignages et des accusations, ces cinq dernières années, ont régulièrement été relayés par la presse — des accusations et des témoignages chaque fois démentis par les autorités israéliennes — le Prof. Ron Gamzu du ministère  de la santé publique, selon HAARETZ, a déclaré qu’il était désormais interdit à toutes les structures de santé de l’Etat hébreu d’effectuer des injections de Dépo-Provera, ”surtout dans le cas où l’interessée ne serait pas en mesure, pour quelque raison que ce soit, de saisir toutes les implications d’un tel traitement médical”.

“Le Dépo-Provera a une histoire infâme”, explique Efrat Yardai, animatrice de groupe pour des femmes d’origine éthiopienne au sein de Achoti, une organisation israélienne féministe.

Selon un rapport de l’organisation Isha L’Isha, l’injection de Depo-Provera  était pratiquée sur des femmes entre 1967 et 1978, au titre d’une expérience dans l’Etat de Géorgie, aux Etats-Unis. Cette expérience était effectuée sur 13’000 femmes pauvres, dont la moitié était des femmes Noires. La plupart d’entre elles étaient loin d’imaginer et de comprendre l’ampleur que cette expérience, faite sur leur corps, pouvait avoir. Certaines sont tombées malades et quelques-unes sont même mortes au cours de l’expérience.

Plus généralement”, poursuit Efrat Yardai, “les injections infligées aux femmes éthiopiennes font partie de l’attitude globale des Israéliens à l’égard de ce groupe d’immigrants”.

Près de 100’000 juifs Ethiopiens sont entrés en Israël depuis les années 1980. Cependant, à leur arrivée, ce n’est pas à un accueil chaleureux qu’ils ont souvent eu droit. La suspicion et la discrimination étant leur lot quotidien sur le marché du travail — pour les adultes —  et dans le système éducatif — le cas des enfants.

Ce texte a été écrit avec des informations fournies par Eline Gordts.


Categories: Reality check

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