Cameroun: la prise en otage d’une famille française menace le tourisme


 

Avec le rapt de sept membres d’une même famille en vacances au nord du Cameroun, mardi dernier, la France (15) est passée devant les États-Unis en nombre de ressortissants enlevés dans le monde. De fait, le pays de François Hollande se retrouve en première ligne dans l’exposition au risque de prise d’otage par des islamistes radicaux.

Et son intervention dans le nord du Mali n’a fait qu’amplifier la vulnérabilité de ses ressortissants. Avec l’enlèvement d’une famille de sept personnes, dont quatre enfants, dans la région de Waza, au Cameroun, c’est à un casse-tête supplémentaire que les autorités françaises vont devoir se confronter.

Déjà à la peine pour libérer les otages français dans la bande sahélo-saharienne, notamment les six détenus par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), François Hollande est dos au mur. Il lui faut prendre le taureau par le corne et casser le cycle des prises d’otage qui risque de prendre de l’ampleur après la prise d’otages qui a eu lieu sur le site gazier de In Amenas, en Algérie, et celle qui a récemment eu lieu au Cameroun.

On ne monte pas au nord du Cameroun maintenant“, tranche d’un ton ferme une française, Delphine Sabourault, de passage dans le pays où sept de ses compatriotes ont été enlevés mardi.

Comme elle, un certain de nombre de touristes et d’expatriés occidentaux ne veulent plus entendre parler de l’extrême-nord du Cameroun, depuis que la famille française y a été prise en otage.

C’est la première fois que des touristes occidentaux sont enlevés au Cameroun, qui ne fait pas partie de la liste des pays dits “sensibles“, bien que des prises d’otages au large de ses côtes surviennent régulièrement.

La région du nord a été classée “zone rouge” et le ministère français des Affaires étrangères déconseille “formellement” de s’y rendre.

Conséquence: certains touristes ont d’ores et déjà annulé leur voyage alors que d’autres hésitent.

J’ai reçu des courriers électroniques de touristes allemands, autrichiens et espagnols. Ils se demandaient s’il fallait qu’ils annulent leurs voyages’‘, rapporte un responsable au ministère camerounais du Tourisme, Samuel Mbe, qui continue de faire la promotion de son pays.

Je leur ai dit ”tout sauf ça”“, poursuit-il, assurant que “le Cameroun est loin d’être un pays dangereux“.

Il va jusqu’à affirmer “aux Allemands” que “si les touristes qui ont été pris dans le nord du Cameroun avaient été des Allemands, ils auraient été libérés par leurs ravisseurs parce que l’Allemagne n’a pas pris part à la guerre en Lybie et à celle du Mali“.

Mais Annick Tchangang Cotet, directrice d’une agence de voyage à Yaoundé, est moins optimiste. “C’est évident que l’enlèvement [des Français] va donner un coup de frein” au tourisme, se désole-t-elle.

Elle craint que les gens qui “ont envie de venir au Cameroun” renoncent au prétexte que tout le pays “est une zone d’insécurité, ce qui n’est pas vrai“.

Selon elle, le nord ne représente qu’un aspect d’un pays qui “regorge de richesses touristiques, de paysages fabuleux dans leur diversité“.

Tourisme sous escorte

C’est pourtant cette région “semi-aride, semi-désertique“, qui attire six touristes étrangers sur dix avec ses parcs de savane, où l’on peut facilement observer les animaux qui se rendent aux points d’eau, selon Samuel Mbe.

Au moment de l’enlèvement des touristes français, une trentaine d’Occidentaux – japonais, espagnols et autrichiens – se trouvaient dans la zone du parc de Waza où la famille française enlevée avait passé la nuit, selon M. Mbe.

Le parc naturel, visité par des milliers de touristes et d’expatriés en vacances chaque année, abrite une multitude d’espèces prisées parmi lesquelles on trouve des éléphants, des girafes, des lions, des antilopes et des autruches.

J’ai toujours rêvé de me rendre dans le nord du Cameroun. Avec ce qui s’est passé, je temporise“, dit un ingénieur français, Nasser Guidoum, en court séjour à Yaoundé.

C’est inquiétant. Je venais au Cameroun de manière régulière depuis cinq ans. C’est la première fois que j’entends parler d’un évènement d’une telle ampleur“, ajoute-t-il.

Ce qui s’est passé est un drame”, si on mesure les efforts que le pays fait ”petitement mais très sûrement” pour lancer le tourisme, admet M. Mbe.

Le Cameroun fait la promotion du tourisme depuis les années 1960 mais ce n’est que depuis quatre ans qu’il a atteint “le chiffre de 500’000 visiteurs par an“, soutient le directeur du tourisme. Alors que ce bilan peut paraître exagéré, M. Mbe assure qu’il s’agit de la comptabilité de toutes les personnes arrivant aux aéroports et aux frontières terrestres avec un “visa touriste“.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, pour sa part, affirme que “désormais, tous les sites touristiques [du Cameroun] sont sécurisés. Et tous les touristes qui le demandent peuvent être escortés d’un site à un autre”.

Avec l’AFP



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