Barack Obama en route pour sa première visite en Afrique


 

Barack Obama démarre aujourd’hui sa toute première visite en Afrique. Cette visite, programmée du 26 juin au 3 juillet, le menera dans trois pays : le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Pourquoi ce choix ? “Parce qu’il voit sa tournée comme un prolongement de sa première visite de 2009, confie l’un de ses proches. À Accra, il a encouragé la démocratie et la bonne gouvernance. Aujourd’hui, il va dans des pays qui appliquent ces principes”.

Cette tournée du continent noir est déjà marquée par l’agonie de Nelson Mandela. Le premier président noir des Etats-Unis a souvent souligné ce que son engagement en politique devait au leader sud-africain, fossoyeur de l’apartheid. Il doit se rendre en Afrique du Sud les 29 et 30 juin, avec une nuit prévue à Johannesburg et l’autre au Cap. Une rencontre entre les deux hommes, qui ont tous deux reçu un prix Nobel de la paix, un moment envisagée, paraît maintenant impossible.

La tournée africaine du président américain, qui commence au Sénégal et se terminera en Tanzanie, doit remplir plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de donner des gages aux Africains, qui se sont sentis négligés par Barack Obama, au cours de son premier mandat. Le président américain, dont l’élection avait été accueillie par les larmes d’émotion du ministre des affaires étrangères nigérian et de beaucoup d’Africains, ne s’est rendu qu’une fois en Afrique: au Ghana, en 2009.

La crise, les sommets du G20, l’Afghanistan, la Corée du Nord, les tensions asiatiques, autant de dossiers qui l’ont accaparé. Il est temps pour les Etats-Unis de se préoccuper un peu plus de pays qui offrent un beau potentiel de croissance économique. Alors que le coût du voyage, pour lequel un porte-avions est mobilisé, fait polémique aux Etats-Unis (autour de 100 millions de dollars, selon le “Washington Post”), Barack Obama l’a justifié par les bénéfices attendus : “Plusieurs des économies avec le plus fort taux de croissance du monde se trouvent en Afrique et, si l’Afrique décolle économiquement, vous allez avoir une classe moyenne en expansion rapide, un marché pour les produits américains”. Or certains pays, comme la Turquie, le Brésil et, surtout, la Chine, ont pris les devants et s’intéressent déjà de près à ce marché naissant.

Le président chinois, Xi Jinping, qui a précédé Barack Obama en mars en Afrique, a célébré “l’amitié sincère” entre le continent et son pays. Dès 2009, la Chine, gourmande des ressources naturelles africaines, est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique prise en bloc. Depuis 2009 – l’année du discours d’Accra -, la Chine (voir la carte postée ci-dessous) a supplanté les États-Unis comme premier partenaire commercial de l’Afrique. Et depuis cette même date, Hu Jintao et son successeur Xi Jinping ont visité, à eux deux, plus de trente pays africains… Ce n’est sans doute pas un hasard si l’hôte de la Maison Blanche se déplace enfin en Afrique, accompagné de plusieurs centaines d’hommes d’affaires. Comme le confie son conseiller Ben Rhodes : “Les États-Unis perdraient leur position de leader mondial si le Président ne s’engageait pas à fond en Afrique. Et c’est ce qu’il est en train de faire”.

Pékin a en outre financé et construit le nouveau siège de l’Union africaine.

La carte des investissements chinois en Afrique depuis 2009

Barack Obama devrait promouvoir, lors de sa tournée, les bienfaits des transferts de technologie, la transparence des contrats américains et la force des marques américaines. Hillary Clinton, qui a visité 15 pays africains en quatre ans au département d’Etat, soulignait l’an dernier que, contrairement à Pékin, Washington “serait toujours du côté des droits de l’homme, même s’il était plus facile ou profitable de regarder ailleurs”.

Cette année, Barack Obama ne s’arrêtera pas au Kenya, terre natale de son père. Le président du pays, Uhuru Kenyatta, est poursuivi par la Cour pénale internationale. La visite accordée à la Tanzanie voisine doit être comprise comme un camouflet envers Nairobi.

En revanche, le Sénégal a tenu des élections exemplaires l’an dernier, et l’Afrique du Sud a su démontrer, depuis la fin de l’apartheid, son ancrage dans la démocratie.

Sources: Al-qarra, les Echos et Jeune Afrique



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