Alexandre Vilgrain minimise le déclin de la France en Afrique


 

Alexandre Vilgrain, président du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), analyse le recul de la France et de ses entreprises sur le continent. Celui qui est aussi PDG du groupe agro-industriel Somdiaa livre, par ailleurs, son opinion sur l’épineuse question de l’agriculture au sud du Sahara, dont les États africains sont loin d’avoir fait une priorité…

Le retour des entreprises françaises

Tout le monde parle de l’Afrique, veut y aller… Les choses évoluent : Carrefour souhaite s’y installer, L’Oréal, qui vient d’adhérer au CIAN, y a sans doute des projets. Cela me rappelle la Chine dans les années 1980. Personne ne s’y risquait, et soudain, tout le monde s’est lancé“.

La Françafrique

Les responsables politiques français ont tendance à attribuer tous leurs problèmes aux entreprises. Qui est derrière la Françafrique ? D’où venaient les valises africaines ? Allaient-elles de France en Afrique ou était-ce l’inverse ? À qui étaient-elles destinées ? Les entreprises françaises installées sur le continent en ont marre de la Françafrique. Nous n’apprécions guère de voir des missi dominici, des hommes politiques qui n’ont plus de mandat, aller et venir… Cela brouille l’image de la France“.

Le climat des affaires

Les gouvernements africains doivent se montrer constants dans leur politique. En l’absence de cadre juridique stable, aucune entreprise ne vient. Ce qui a fait la fortune de l’Asie, c’est Lee Kuan Yew, l’ex-Premier ministre de Singapour. Il a fait du respect de la parole donnée une règle. À partir du moment où une décision est prise, il faut s’y tenir“.

La sécurité

Cette question est importante et nous interpelle. Nous suivons de près ce qui se passe au Nigeria, au Mali, dans le nord du Cameroun, en Centrafrique… C’est assez angoissant. Je n’y prêtais pas attention avant. Maintenant, si“.

L’agriculture

Les États la négligent, et c’est criminel. Certes, la production augmente. Mais le marché mondial lui-même pose problème. Produire soi-même demande des efforts, et la protection des industriels a un coût. Les gouvernements africains sont inquiets, car les révoltes naissent du mécontentement vis ‘à-vis des prix des denrées agricoles et de l’arrêt des subventions. Il faut en finir avec cette dictature du consommateur. Si l’on ne protège pas l’industrie agricole, la production viendra du Brésil. Une politique commune est nécessaire“.

La question du foncier

En Afrique, plusieurs types de droits se superposent : il y a le droit coutumier, les droits de l’État dans les ex-pays communistes et les droits liés à l’usage… Il faut procéder intelligemment“.

La diplomatie économique

C’est justement ce que nous réclamons. Les mentalités changent, en France, sous l’impulsion de Laurent Fabius. Les ambassadeurs nous soutiennent et prennent même parfois les devants“.

Par Frédéric Maury (J.A.),  Frédéric garat (RFI) et Alqarra Tv



Categories: Economy

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