Afrique du Sud: Julius Malema promet la redistribution des richesses et la nationalisation de la terre


 

Le béret rouge des révolutionnaires sur la tête, le poing gauche levé, tel un leader des Black Power ou des mouvements de décolonisation africains, Julius Malema a lancé son nouveau parti ce week-end : les Combattants pour la liberté économique (Economic Freedom Fighters, EFF). Le populiste faisait la une de tous les grands titres du pays lundi matin, et notamment du Sowetan, quotidien vendu dans le plus grand township en Afrique du Sud, aux portes de Johannesburg. Car au pays de Nelson Mandela, Julius Malema fait peur : aux Blancs, aux libéraux, aux investisseurs étrangers et au parti historique au pouvoir, l’African National Congress (ANC).

Ce lundi, le Sowetan titrait : “Malema sort les armes contre la Cosatu [le plus grand mouvement syndical sud-africain]”. Ses armes, ce sont ses mots, choisis pour échauffer les électeurs. Julius Malema a été le président des Jeunes de l’ANC, avant d’être suspendu pour ses positions nationalistes radicales et ses déclarations à l’encontre du président Jacob Zuma en 2012.

Le leader de l’EFF a choisi un lieu symbolique pour lancer officiellement son mouvement politique : la mine de Marikana où, en août 2012, 34 mineurs en grève avaient été abattus par la police. Dans son discours, Malema a évoqué ses sujets de prédilection avec sa verve populiste, affichant son ambition d’accueillir tous “les orphelins et ceux qui ont perdu tout espoir [en l’ANC]”. Il appelle à une redistribution “sans compensation” des terres, encore largement aux mains de la minorité blanche : “C’est votre terre ! a-t-il lancé à ses nouveaux militants. Vous n’avez pas à payer pour cette terre. Elle a déjà été payée par la sueur de nos pères. Eux [les Blancs] voudraient que nous nous mettions à genoux devant eux. Mais nous ne le ferons pas, nous n’allons pas mendier nos terres, nous allons les récupérer“.

Quant au président Jacob Zuma, il a été décrit comme “un vieil homme qui danse comme un adolescent“. Julius Malema, ex-ANC, s’est excusé devant ses supporters de leur avoir livré “un leader médiocre qui ne sait ni lire ni penser“. Pour l’instant, le mouvement de l’EFF manque de moyens financiers et de forces vives, mais il compte bien conquérir les voix de l’immense majorité noire sud-africaine, qui vit toujours dans une extrême précarité dix-huit ans après la fin de l’apartheid. Toutefois, accusé de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, Malema pourrait voir ses ambitions politiques réduites à néant.

Sophie BOUILLON



Categories: News

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