Économie: Standard & Poor’s dégrade la note de la France pour la 2ème fois en deux ans


 

L’économie française va mal. Au taux de chômage qui frise le record historique est venu s’ajouter, ce vendredi 8 novembre 2013, une dégradation de sa note auprès de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P). Ainsi, sur une période de deux ans, la France, qui possède la cinquième (5ème) économie du monde, a vu sa note se dégrader à un rythme inquiètant. En 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France passait de la note très enviée du AAA (triple A) à AA+. Ce matin, sous François Hollande, la deuxième économie de la zone euro est passée de AA+ à AA.

En abaissant la note de la France pour la deuxième fois en moins de deux ans, à AA, Standard & Poor’s porte un coup dur au gouvernement français . Un coup d’autant plus dur que, loin de critiquer les fondamentaux de l’économie, l’agence de notation s’en prend directement à sa politique économique et s’interroge ouvertement sur la capacité de l’exécutif à réformer le pays.

“Cet abaissement traduit notre opinion selon laquelle il est peu probable que l’approche actuelle du gouvernement en matière de réformes budgétaire et structurelle dans les domaines de la fiscalité, du secteur des biens et services et du marché du travail améliore de manière substantielle les perspectives de croissance de la France à moyen terme”, attaque d’emblée Standard & Poor’s dans son communiqué . Après une croissance nulle cette année, elle anticipe une hausse du PIB de 0,7 % l’an prochain et de 1,4 % en 2015, un peu inférieure aux prévisions de Bercy (+0,9 % en 2014, + 1,7 % en 2015).

Marge de manoeuvre réduite

Elle considère que les mesures prises depuis un an vont dans le bon sens (notamment le crédit d’impôt compétitivité et emploi, ou encore l’accord sur l’emploi conclu par les partenaires sociaux, traduit dans la loi cet été) mais, l’agence estime que ces mesures sont “probablement insuffisantes” pour débloquer le potentiel de croissance et n’ont “pas réduit de manière significative le risque que le taux de chômage reste au-dessus de 10% jusqu’en 2016”.

Ce contexte réduit la marge de manoeuvre du gouvernement, selon Standard & Poor’s. “Le niveau actuel du chômage amoindrit le soutien populaire en faveur de nouvelles réformes structurelles et sectorielles et affecte les perspectives de croissance à plus long terme”, indique l’agence. La fronde bretonne sur l’écotaxe et, plus globalement le débat sur le “ras-le-bol fiscal” ne sont également pas passés inaperçus. Constatant le “mécontentement grandissant” des Français face “au poids croissant de la fiscalité” et les “revirements” du gouvernement en la matière (écotaxe, épargne..) “les pouvoirs publics disposent désormais d’une marge de manœuvre réduite pour augmenter les recettes”, juge Standard & Poor’s.

“Incapacité à réduire significativement les dépenses”

Autre problème, l’agence perçoit “comme une incapacité du gouvernement à réduire les dépenses de l’Etat de manière significative”. “Nous ne percevons pas de plan d’ensemble pour redéfinir les dépenses publiques pour dégager un potentiel de croissance”, a précisé Jean-Michel Six, chef économiste pour l’Europe de S&P à l’Agence France Presse. Impossibilité d’augmenter les impôts, difficultés à baisser les dépenses, “la marge de manœuvre budgétaire de la France s’est réduite, alors que nous la considérions auparavant comme élevée au regard des pays comparables”, poursuit l’agence anglo-saxonne.

Elle s’attend à un déficit public de 4,1 % cette année, conforme à la prévision du gouvernement mais supérieur aux 3,5 % attendus par S&P il y a un an quand elle avait confirmé la note de la France. Elle estime désormais que la dette publique de la France culminera à 93,2 % du PIB en 2015 (hors soutiens aux fonds européens).

Des “ jugements critiques et inexacts

C’est un nouveau coup dur très sévère pour le gouvernement, qui a fait de la maîtrise des finances publiques sa ligne conductrice, depuis son arrivée au pouvoir l’an dernier, dans l’espoir notamment de maintenir au plus bas les taux d’intérêt des emprunts d’Etat, et donc le coût de la dette publique. Le gouvernement a aussitôt déploré cette décision. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en déplacement à Marseille, a affirmé sur France Bleu Provence que l’agence n’avait “pas pris en compte toutes les réformes” menées depuis l’an dernier, notamment celle, en cours d’adoption, des retraites.

De son côté, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a dénoncé les “jugements critiques et inexacts” de l’agence de notation. A l’issue d’une réunion à l’Elysée avec les dirigeants des principales institutions financières internationales, il a fait valoir que “la note de la France reste une note extrêmement élevée, une des plus élevées à l’échelle mondiale”, et a estimé que “les investisseurs peuvent et vont continuer à faire confiance à la France”.



Categories: Economy

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