France: les conséquences des essais nucléaires en Algérie refont parler d’elles

Le 13 février 1960, la première bombe A française explose dans le Sahara. Gerboise bleue, comme Paris l’a baptisée, est une bombe atomique 6 fois plus puissante que celle larguée sur Hiroshima en 1945. Classée secret-défense par l’armée française pendant des décennies, la carte ci-dessus a été déclassifiée le 4 avril 2013, dans le cadre de l’enquête pénale déclenchée par des vétérans français qui avaient participé aux campagnes d’essais nucléaires français. Révélée par le quotidien Le Parisien, cette carte permet  aujourd’hui de mesurer l’étendue des retombées radioactives et les conséquences qui pèsent sur les victimes.

De manière tout à fait détaillée, cette carte montre que jusqu’au treizième jour après l’explosion de la bombe Gerboise Bleue, le 13 février 1960, les retombées radioactives se sont étendues à toute l’Afrique de l’Ouest, au sud-est jusqu’à la Centrafrique, en passant par le Cameroun ainsi qu’au Nord, jusque sur la côte espagnole et le Sud de l’Italie.

“Les militaires [français] reconnaissent qu’à certains endroits les normes de sécurité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N’Djamena”, précise Le Parisien.

“La carte du zonage des retombées montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère”, affirme Bruno Barillot, un spécialiste des essais nucléaires cité par Le Parisien. Or, selon cet expert, “personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires”.

Officiellement, les taux de radioactivité enregistrés sont faibles et sans conséquences. “Cela a toujours été le système de défense de l’armée”, poursuit Bruno Barillot. “Sauf que les normes de l’époque étaient beaucoup moins strictes que maintenant et que les progrès de la médecine ont démontré depuis que même de faibles doses peuvent déclencher, dix, vingt ou trente ans plus tard, de graves maladies”, commente-t-il.

Le ministère français de la Défense n’a, pour le moment, pas souhaité faire de commentaires, sûrement trop occupé à déployer des soldats supplémentaires en Centrafrique.

Avec l’AFP & Le Parisien



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