Cameroun: Boko Haram décime l’entourage d’Amadou Ali et dévoile un autre aspect de sa folie meurtirère


Aujourd’hui, tout le monde l’a bien compris, depuis plus de deux ans, le Cameroun est dans l’oeil du cyclone Boko Haram, la secte islamiste qui a trouvé comme cheval de bataille l’islamisation des populations par la lutte armée. Aux côtés du Nigéria qui ne parvient toujours pas à neutraliser ce groupe terroriste, le Cameroun apparaît désormais comme une cible de prédilection de l’action terroriste de cette secte islamiste.

En effet, après son coup d’éclat réalisé hier dans l’arrondissement de Kolofata, situé à environ 90 kilomètres de Maroua, la capitale régionale de l’Extrême-Nord, des hommes armés, militants de Boko Haram, ont attaqué le domicile du Vice-Premier Ministre camerounais, Ministre Délégué à la Présidence en charge des Relations avec les Assemblées, Amadou Ali. En l’absence de ce dernier, son épouse a été enlevée et son garde du corps tué dans la foulée. Avant de kidnapper l’épouse du Vice-Premier ministre, les membres de la secte ont aussi attaqué le domicile du Maire de la commune de Kolofata. Ils sont repartis avec le maître des lieux et deux de ses enfants.

L’acharnement contre les autorités kidnappées dans l’action menée par Boko Haram dans l’Extrême-Nord camerounais laisse les experts de la sous-région circonspets. Cela pour une raison toute simple: Les personnes enlevées hier par Boko Haram sont de religion musulmane. Et, jusqu’à présent, la secte Boko Haram ne s’en est jamais prise à des musulmans. C’est la raison pour laquelle, des voix autorisées ont commencé à s’interroger et à mettre en cause le pouvoir en place à Yaoundé, malgré son discours de circonstance.

Parmi les personnes qui s’interrogent, l’on retrouve Bernard Lugan, un historien, géographe et ethnologue, spécialisée sur les questions africaines.

D’autres observateurs  — camerounais et vivant sur place —  eux, n’ont pas manqué de s’interroger sur l’efficacité de l’action terroriste menée par la secte islamiste dans une zone désormais quadrillée par plusieurs bataillons de soldats rompus à la lutte anti-terroriste (1000 militaires, d’après les chiffres fournis par l’armée camerounaise). C’est en s’interrogeant sur l’ampleur du coup réalisé par les militants de Boko Haram que des questions, plus surprenantes, finisssent par faire jour: S’agit-il là d’une manifestation de la lutte du pouvoir entre rivaux? Est-ce une revanche du clan Marafa Hamidou Yaya — ancien homme fort du pouvoir mis en prison pour détournement de fonds publics — contre le clan du Vice-Premier Ministre Amadou Ali — ancien Ministre de la justice aux commandes de l’operation épervier qui a mis un terme au règne du désormais ancien Sécrétaire Général de la Présidence ?

A l’heure où la situation sécuritaire semble encore grave et indécise dans l’Extrême-Nord du Cameroun, il y a lieu, pour les autorités de Yaoundé, de dire toute la vérité au peuple Camerounais. Les résultats des enquêtes actuellement ménées, suite à l’appréhension d’un membre de la secte islamiste le mois dernier, apporteront peut-être plus de clarifications.

Mais, pour l’heure, et selon les déclarations du colonel Félix Nji Formekong, l’un des commandants de la 3e région militaire interarmes dont le quartier général se trouve à Maroua, “la situation est très critique et je vous parle alors que des éléments de Boko Haram sont toujours à Kolofata et affrontent nos soldats”.



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