Pétrole: Malgré les sanctions contre la Russie, Total projette d’y investir $15 milliards


Total SA est à la recherche de 15 milliards de dollars. cette somme lui permettra de financer un projet dans le domaine du gaz russe et renforcera sa présence dans les hydrocarbures du pays de Vladimir Poutine. Mais, contrairement aux entreprises américaines qui se ruent désormais sur le marché des financements européens — comme Berkshire Hathaway, la holding du richissime homme d’affaires Warren Buffett, qui vient pour la première fois d’emprunter 3 milliards d’euros sur une durée d’au moins huit ans à un taux inférieur à 2% — Total SA a décidé d’aller emprunter de l’argent… en Chine.

En effet, les échanges commerciales entre la Russie et la Chine ne s’effectuant désormais plus en dollars américains, la décision du groupe Total prend tout son sens: trouver un financement sur le marché des capitaux chinois ne pourra que garantir le succès de son projet en Russie.

Par ailleurs, lorsque l’on sait qu’en matière de pétrole, la Chine et la Russie sont désormais liées par le ”deal du siècle”, d’une durée de 30 ans, évalué à $400 Milliards, et signé au mois de mai 2014 entre Gazprom (Russie) et CNPC (Chine); l’on comprend aisément pourquoi le groupe français Total, l’un des leaders européens du secteur des hydrocarbures, cherche à maintenir et même à renforcer sa position en Russie, malgré les sanctions américaines et européennes.

Le directeur du groupe pétrolier français, Patrick Pouyanné, en répondant aux questions du Wall Street Journal, a précisé que cette somme équivalente à $15 Milliards, recherchée sur le marché des financements chinois, sera à la fois libellée en yuan et en euros. Et ces $15 milliards ne sont qu’une partie du total de $27 Milliards requis pour assurer le budget total du projet de gaz naturel de Yamal, localisé dans la partie russe de l’Artique.

L’accord de financement final avec la Chine devrait être conclu, au plus tard, au mois de juin 2015. Cet apport en capital chinois permettra à Total de participer à la ruée vers les hydrocarbures de l’Artique (projet de Yamal), aux côtés d’autres entreprises comme OAO Novatek (Russie) et CNPC (Chine).

Si le groupe pétrolier français Total réussit à décrocher ce deal de $15 Milliards avec les institutions financières chinoises, il battrait le record établi par Daimler AG. Le groupe allemand avait réussi, en 2013, à décroché un emprunt record de $12 Milliards. Deux banques chinoises figuraient parmi les 34 établissements financiers qui avaient pourvu cette somme de $12 Milliards.

Avec ce projet d’expansion de ses activités en Russie, le groupe Total espère faire du pays de Vladimir Poutine sa zone d’activité primordiale (gaz et pétrole), à l’horizon 2020. Sa production journalière dans cette zone serait alors évaluée à 400’000 barils. En 2014, le groupe Total rapporte avoir produit 2.2 Millions barils par jour.

Même si le prix du brut par baril a chuté de $100 l’année passée à $55/baril cette année, le nouveau directeur de Total, Patrick Pouyanné, affirme qu’il est important de chercher les voies et moyens pour garantir les bons résultats du groupe pétrolier français. C’est pour cela qu’il sera question, jusqu’en 2017, de supprimer 2’000 postes de travail et de se débarrasser d’actifs d’une valeur équivalente à $10 Millions, notamment dans des opérations en mer du nord.

Ce projet Yamal de gaz naturel liquefié dans l’Artique représente le plus gros effort jamais consenti par Total d’aller à la conquête du marché financier chinois. Cette démarche permet certes de contourner les sansctions américaines contre la Russie, mais, comme le business des hydrocarbures (pétrole et gaz) dépend fortement du dollar américain, il y a bien évidemment des risques liés aux dévises incorporées dans le deal. L’on peut facilement se protéger contre les risques liés à l’euro. Mais, la monnaie chinoise (yuan) et la monnaie russe (rouble) présentent des riques tout à fait différents, précise Patrick Pouyanné. Mais, en même temps, souligne-t-il, ”l‘on ne va pas, chaque fois qu’il y a une diffulté, fuir un pays. L’on risque de donner l’image de gens pas sérieux”.



Categories: Economy

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