FIFA: Issa Hayatou va assurer l’intérim à la place de Blatter pendant 90 jours


Sepp Blatter (gauche) et, son successeur par intérim, Issa Hayatou

Depuis hier, Issa Hayatou, 69 ans, est le président de la FIFA par intérim, pour les trois mois que durera la suspension de Sepp Blatter. Simple mécanique institutionnelle: c’est son statut de plus ancien vice-président du comité exécutif qui l’a propulsé à la tête de l’organisation. “J’occuperai cette fonction uniquement à titre intérimaire. Le congrès extraordinaire choisira le 26 février 2016 un nouveau président et je ne serai moi-même pas candidat à cette élection”, a déclaré Hayatou dans un communiqué. Depuis près de trente ans, le Camerounais est, surtout, l’homme qui règne d’une main de fer sur la Confédération africaine de football (CAF).

En 2002, son ambition l’avait mené à briguer la présidence de la FIFA, mais il avait été balayé par Sepp Blatter (56 voix contre 139). Un acte de dissidence qu’il n’a pas eu à regretter: de rivaux, les deux hommes sont devenus des alliés, prêchant tous les deux pour un développement du football en Afrique. Blatter crée le programme Goal, Hayatou préside la commission qui le finance. Blatter brigue un cinquième mandat à la tête de la FIFA, en mai dernier, Hayatou lui assure le soutien quasi unanime de toutes les associations nationales de la CAF, la plus importante des organisations continentales.

Si son obstination à garder la main sur le football africain et ses méthodes sont critiquées, même certains de ses adversaires défendent son bilan. “Avant lui, la CAF ne représentait rien. Aujourd’hui, ses caisses sont pleines, la Coupe d’Afrique des nations est un événement international, et l’Afrique a sa place à la FIFA”, déclarait le président de la Fédération nigérienne Djibrilla Hima Hamidou, dit “Pelé”, à Jeune Afrique au mois de juin.

Pour l’heure, Issa Hayatou n’a même pas vraiment été ébranlé par la tempête que connaît la FIFA. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne traîne pas de casseroles. Le Sunday Times l’avait placé, en 2014, au cœur du système de corruption qui devait permettre à Mohamed Bin Hammam de se faire élire à la présidence de la FIFA. Au lieu d’y parvenir, le Qatari a été banni à vie. “Mensonge”, répond Issa Hayatou au sujet de son implication. Le Camerounais est aussi accusé d’avoir joué un rôle important pour aider le Qatar à obtenir l’organisation de la Coupe du monde. Là encore, il nie catégoriquement. “Je n’ai peur de rien, car je n’ai rien fait. Ma conscience est tranquille. En dépit de tout ce que la presse raconte, jamais je n’ai été trempé dans ces histoires. Cela fait depuis le mois de mai que les enquêteurs travaillent sur cette affaire. Depuis le temps, tous ceux qui sont soupçonnés devraient avoir été inquiétés. Personnellement, je ne me reproche rien. On dit que le Qatar m’a corrompu mais tout ça, ce sont des histoires qu’on m’impute parce que je suis africain. Ce sont des allégations auxquelles je n’accorde aucune importance. Je n’ai aucun remords, aucune inquiétude.”.

Avec Lionel Pittet



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