Formule I: 2016, une saison d’incertitudes?


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La troisième et dernière victoire d’affilée de Nico Rosberg à la fin de la course d’Abou Dhabi, dimanche dernier, a mis un terme à la saison 2015 de la Formule I. Une saison pendant laquelle le britannique Lewis Hamilton, 30 ans, a été sacré champion du monde pour la troisième fois de sa carrière. Le cumul des victoires des deux pilotes fait de l’écurie allemande Mercedes AMG Petronas, l’équipe championne du monde 2015 avec un total de 703 points. Du jamais vu dans l’histoire de ce sport automobile d’élite.

Alors que Mercedes et ses deux pilotes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, vont désormais profiter d’une période de vacances de trois mois — trêve d’hiver —  c’est l’avenir de toute la Formule I qui, cependant, inquiète les observateurs et les fans de ce sport mécanique.

En effet, pour ce qui est de la saison 2016, dont le coup d’envoi est programmé en Australie, de nombreux responsables d’écuries se montrent très inquiets à l’idée — de plus en plus plausible —  de ne pas pouvoir aligner des monoplaces à l’extinction des feux sur le circuit de Melbourne, le 20 mars prochain. Parmi eux, Bob Fernley. Il est l’adjoint au Team Principal de l’écurie Force India. Interrogé par la presse, il confie que “ce que nous redoutions tant l’an dernier recommence à poindre à nouveau”. 

“Tout au long de la saison, nous avons vu la pauvre écurie Lotus placée sous une pression financière énorme. Si tout va bien, ça pourrait être résolu. Mais cette situation est symptomatique des accords qui nous gèrent. Les écuries Lotus, Force India et Williams n’obtiennent pas les revenus nécessaires provenant de la distribution des profits commerciaux”, dénonce-t-il.

“À l’autre bout de l’échelle, où l’argent coule à flots, nous redoutons que Red Bull décide de quitter, car cela risque aussi d’arriver. Les choses m’inquiètent aux deux bouts de l’échelle. Selon moi, les écuries privées et indépendantes forment l’épine dorsale de la Formule I. Sans elle, la Formule I va souffrir”, martèle-t-il.

Si Bob Fernley précise que les patrons d’écuries ne peuvent pas faire grand chose pour éviter qu’une écurie comme Red Bull, quitte la Formule I, il ajoute que des efforts doivent être investis afin de soutenir les petites équipes en proie à des soucis financiers.

Parlant des impacts qu’aurait un retrait de Red Bull de la Formule I, Fernley affirme : “Je crois que ça serait triste de voir Red Bull partir, car elle a fait de bonnes choses pour la Formule I. Par contre, la Formule I est plus importante que Red Bull, et notre sport continuera. En moins de six mois, tout le monde aura oublié que Red Bull a couru en Formule I. C’est normal. Ça serait la même chose si Force India décidait d’abandonner. Les gens diraient ‘Force quoi’?

Fernley poursuit : “Vous devez l’accepter, C’est ça, la Formule I. C’est un monde dur et impitoyable. Par contre, nous ne devons pas perdre des écuries qui sont exclues. Si une écurie décide de partir pour ses propres raisons, que ce soit suite à une décision de son conseil d’administration ou une décision d’un individu, comme c’est le cas avec Red Bull qui ne peut plus courir selon ses standards, alors nous ne pouvons rien faire. Toutefois, nous pouvons influencer le modèle d’affaires existant, celui qui gère le fonctionnement des écuries indépendantes”.

 Même son de cloche chez le double champion du monde espagnol, Fernando Alonso. Le pilote de l’écurie McLaren-Honda dénonce l’incohérence et le manque d’efficacité des règles imposées par la FIA (Fédération Internationale du Sport Automobile). “Des championnats comme le WEC, le MotoGP s’améliorent année après année. Et tout ce que la FIA trouve de mieux à faire, c’est de se préoccuper de la qualité du bruit du moteur des monoplaces de la Formule I. Je pense qu’il est temps que le bons sens revienne en Formule I”, dénonce-t-il.

À l’aune de la saison 2015 compliquée qu’a connue l’écurie britannique, l’on peut aisément comprendre la frustration du champion espagnol. Et si rien n’est fait au niveau de la FIA, 2016 risque d’être une autre traversée du désert pour l’écurie de Ron Dennis.

Comme la plupart de ses collègues, Bob Fernley suggère que la Formule I se préoccupe d’aider, en priorité, les écuries indépendantes et moyennes. Ce sont elles qui resteront en Formule I, quoi qu’il arrive; au lieu de plier pour faire plaisir aux manufacturiers.

Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui que Ferrari et, dans une moindre mesure, Mercedes sont devenues les seules écuries à dicter la règle du jeu en Formule I — l’on a encore en mémoire leur refus d’accepter la proposition de la FIA d’introduire des moteurs à prix réduits qui auraient pu permettre aux petites écuries de devenir compétitives.

Si à ce tableau, il faut ajouter les incertitudes concernant le retour de Renault dans le championnat; les difficultés de Red Bull à trouver un moteur qui réponde à ses critères; l’écurie Lotus qui n’a toujours reçu aucune réponse définitive de la part de Renault; McLaren et Honda qui sont loin d’être sorties de l’ornière, l’on peut, dans une certaine mesure, comprendre la frustration qui pousse des écuries comme Force India ou Sauber à porter plainte contre la FOM (Formula One Management) auprès de l’Union Européenne, sur une violation supposée de la concurrence commerciale dont elles seraient victimes.



Categories: Sports

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