Vladimir Poutine “n’oubliera jamais” et met la Turquie en garde


Vladimir Poutine n’est pas content. Et il continue de le faire savoir. Jeudi, il a déclaré que son pays “n’oubliera jamais” la destruction d’un avion militaire russe par la Turquie, le 24 novembre, au-dessus du territoire syrien. La mort d’un soldat russe, suite à cet incident, continue d’empoisonner les relations entre les deux pays depuis une semaine.

Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça. Seul Allah le sait […] Ils vont regretter ce qu’ils ont fait”, a poursuivi le maître du Kremlin, qui s’exprimait à l’occasion du discours annuel sur l’état de la fédération russe.

S’adressant clairement aux Occidentaux, le chef de l’Etat russe a souligné que les pays “ne doivent pas appliquer un système à deux poids deux mesures concernant le terrorisme” et utiliser des organisations terroristes à leurs propres fins.

Vladimir Poutine a déjà accusé mercredi directement le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille de profiter de la contrebande de pétrole à laquelle se livre l’organisation État islamique (Daech) en Syrie.

Le principal consommateur de ce pétrole volé à ses propriétaires légitimes, la Syrie et l’Irak, s’avère être la Turquie”, a insisté hier le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov. “Le cynisme du gouvernement turc est sans limite”, a-t-il poursuivi.

Pour appuyer ses dires, Anatoli Antonov a dévoilé des images satellites de files de camions-citernes, sans pour autant donner de détails sur la façon dont le président Erdogan serait lié à ce trafic.

Le responsable russe a mis en cause le gendre du président turc, Berat Albayrak, 37 ans, récemment nommé ministre de l’Energie après avoir longtemps dirigé le groupe énergétique Calik Holding, ainsi que l’un des fils du président turc, Bilal, qui possède le groupe BMZ spécialisé dans les travaux publics et le transport maritime. Recep Tayyip Erdogan n’a pas tardé à réagir, menaçant Moscou de mesures de représailles si Moscou continuait à “propager des calomnies”.

La Russie a, par ailleurs, mis en place une série de sanctions économiques contre la Turquie, visant principalement les secteurs de l’agriculture, des travaux publics, de l’énergie et du tourisme.

Ces sanctions économiques vont surtout permettre à la Russie de renforcer ses contrôles sur les produits agricoles et alimentaires importés de Turquie. En effet, le pays du Président Erdogan est un gros exportateur de fruits et légumes et un important fournisseur pour la Russie.

Dans un communiqué, le ministre de l’agriculture, Alexandre Tkatchev, évoque des “violations répétées des normes russes par les producteurs turcs”, qui pourraient concerner environ 15% des produits agricoles importés du pays. Il cite la présence de “substances interdites et nuisibles” ainsi que des doses excessives de pesticides ou de nitrates.

Le gouvernement a donc ordonné à l’agence chargée de la sécurité phytosanitaire Rosselkhoznadzor de renforcer ses contrôles sur les “produits agricoles et alimentaires” importés de Turquie et d’“organiser des vérifications supplémentaires à la frontière et sur les lieux de production en Turquie”.

A la télévision mercredi, Alexandre Tkatchev avait par ailleurs assuré que la Russie pourrait s’approvisionner ailleurs en cas d’embargo sur les produits turcs. “Nous remplacerons les importations de légumes, surtout des tomates, par d’autres pays : l’Iran, le Maroc, Israël, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan”, a précisé le ministre.

Mercredi, le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov avait prévenu que Moscou allait “sérieusement réévaluer” ses relations avec Ankara. Dès lundi soir, Moscou avait déconseillé à ses concitoyens de se rendre en Turquie, destination touristique préférée des Russes.

De son côté, le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a répondu jeudi aux accusations de complaisance avec les djihadistes lancées par Vladimir Poutine en affirmant que l’engagement de son pays contre le groupe Etat islamique (Daech) était “incontesté”.

Le Président Erdogan a en outre défié la Russie de prouver que la Turquie achetait du pétrole à l’organisation de l’État islamique, affirmant que “ceux qui nous accusent d’acheter du pétrole à Daech ont l’obligation de prouver leurs allégations”.

 



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