Pourquoi Lewis Hamilton est-il si détesté par le monde de la Formule I?


 

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Le sport automobile est une catégorie sportive qui vise un public dont les soucis se situent à mille lieues de ceux du citoyen moyen. C’est, en tout cas, un sport pour privilégiés. N’ont accès aux volants des monoplaces qu’une petite catégorie de pilotes triés sur le volet et soutenus par d’importants sponsors à coup de millions de dollars. Et il se trouve que la Formule I (abrégée en F1) est la crème de cette catégorie sportive. Chaque année, et cela depuis 1950, les pilotes (et les écuries) se lancent à la conquête du titre de champion du monde de F1 au fil des Grands Prix qui se déroulent à travers le monde. Des Grands Prix majoritairement suivis le public européen.

Jusqu’en 2006, tous les pilotes de F1 étaient exclusivement Blancs ou Asiatiques (rarement). Avec l’arrivée de Lewis Hamilton dans l’écurie McLaren en 2007 — et les courses qu’il n’a cessé de gagner depuis lors — le premier homme Noir en Formule I a fait une entrée remarquée.

Qui est Lewis Hamilton?

Lewis Hamilton est un athlète de haut niveau naturellement doué pour le pilotage d’une monoplace de F1. C’est, en tout cas, le sportif britannique le plus titré en Formule I. Avec trois titres de champion du monde, il a effectué 184 départs (référence: Grand Prix du Japon 2016), marqué 2147 points, gagné 49 courses dans sa carrière de pilote F1, obtenu 58 pole positions et il est monté 100 fois sur le podium.

Avec un bilan sportif de cette envergure, n’importe quel pilote de F1 serait considéré comme une légende. Ou, à tout le moins, il serait traité avec un minimum de respect. Mais, lorsqu’il s’agit de Lewis Hamilton en F1, les choses doivent toujours en être autrement. Même dans son propre pays où il a égalé le record du nombre de titres de champion du monde détenu jusqu’en 2014 par Jackie Stewart (3 championnats), Lewis Hamilton est moins célébré que Jenson Button, un autre pilote britannique qui prendra sa retraite sportive en 2017.

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Alors qu’ils ont tous les deux choisi de vivre hors de Grande Bretagne — notamment pour des raisons que leurs résidences Monégasques pourvoient en avantage fiscal — Lewis Hamilton et Jenson Button sont traités différemment, à la fois par le public et les médias britanniques. Moins adulé que Jenson Button, le public britannique n’a jamais manqué une occasion pour traiter Lewis Hamilton d’exilé fiscal. Ce deux poids deux mesures est tout simplement aberrant. Pour ceux qui ne s’embarrassent pas du politiquement correct comme Joseph Harker du journal “The Guardian”, le désamour dont le pilote de 31 ans fait l’objet s’explique évidemment par le racisme latent présent dans la société britannique. Cette même société britannique qui n’avait pas hésité à adopter Nigel Mansell comme “un des nôtres” — lorsque ce pilote de F1 du milieu des années 1980-1990 avait dû être contraint d’hypothéquer sa maison afin de sauver sa carrière dans la course automobile — a du mal à adopter et à faire sien le jeune homme né d’un père Noir (fils d’immigré de la Grenade) et d’une mère anglaise et Blanche.

En lieu et place, c’est à une totale antipathie et à une aversion à nulle autre pareille que Lewis Hamilton a droit. Pour camoufler leur haine du pilote qui roule pour l’écurie Mercedes AMG Petronas, ceux qui l’abhorre prétendent simplement exercer leur droit à la critique. Ce droit à la critique a certainement quelque chose à voir avec le fait que Lewis Hamilton caracole en tête du classement des sportifs les plus fortunés outre-Manche. En effet, en 2015, Lewis Hamilton disposait d’un patrimoine estimé à 88 millions de livres — soit environ 123 millions d’euros.

Lewis Hamilton s’en moque

Dans une interview récemment accordée au magazine américain “complex”, Lewis Hamilton affirme que les actes à caractère raciste qui peuvent être dirigés contre lui ne l’émeuvent pas plus que ça.

Durant mon enfance, j’ai subi beaucoup de racisme”, révèle-t-il durant l’interview enregistrée à Manhattan. “Cette expérience de victime d’actes racistes a plutôt servi à renforcer mon caractère, ma personnalité. Mon père me disait toujours: ne leur réponds pas avec des mots, mais fais-le avec les courses que tu gagnes”, ajoute-t-il.

À la question de savoir si, à cause de sa couleur de peau, il est autorisé à aborder des questions raciales avec la presse, le pilote de F1 répond: “le monde sportif dans lequel j’évolue est prédominé par les Blancs. Par conséquent, ce milieu a du mal à concevoir ou à imaginer le monde selon la perspective d’autres communautés. Et pour se sortir d’affaire sans trop y laisser des plumes, il suffit de faire attention à ce que l’on dit. Aborder les questions sensibles est à éviter”.

Photo Credit: Getty Images



Categories: OPINION

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