Présidentielle 2017: François Hollande jette l’éponge

La France en est à sa cinquième (5ème) République et, pour la première fois, un Président en exercice vient de décider de ne pas se présenter pour un deuxième mandat. François Hollande a surpris le peuple français ce jeudi 1er décembre 2016 à 20h 11 minutes: “Aussi j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle”.

 Ce choix, “je le fais en prenant toute ma responsabilité”, a-t-il poursuivi, “en appelant à un sursaut collectif” et à l’union de “tous les progressistes”. “Ce qui est en cause, ce n’est pas une personne. C’est l’avenir du pays. Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures qui seraient coûteuses, et même dangereuses pour son unité, pour sa cohésion, pour ses équilibres sociaux”, a-t-il ajouté après avoir mis en garde contre le programme de François Fillon et le “repli” de l’extrême droite.

Mea culpa

Si François Hollande a défendu son bilan – “à l’heure où nous parlons, les comptes publics sont assainis, la Sécurité sociale est à l’équilibre, et la dette du pays a été préservée” – il a toutefois indiqué avoir “un seul regret”, faisant référence à sa proposition sur la déchéance de nationalité après les attentats de Paris en novembre 2015.

Une option finalement abandonnée après quatre mois de débats houleux, y compris dans sa propre famille politique. “Je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisés”, a reconnu le président français.

Autres raisons pour un départ forcé

L’objectif d’un déficit public ramené à 3 % du PIB avait été le gage du sérieux budgétaire du candidat Hollande en 2012. Il a volé en éclats pendant son quinquennat. Initialement prévu pour 2013, le retour à 2.9% ne sera enfin atteint que fin 2017 (selon les prévisions de la commission européenne), après avoir été repoussé à de multiples reprises.

Par ailleurs, la dette publique a continué de grimper, et devrait dépasser les 100 % du PIB en 2018, selon les prévisions de l’OCDE.

Ensuite, il y a eu le mariage pour tous, mesure symbolique instaurant une union entre homosexuels. Fièrement promue par son ministre de la Justice, Chrisitiane Taubira, cette loi de son début de mandat s’avèrera peu bénéfique politiquement. Ayant sous-estimé l’ampleur des réactions parmi les défenseurs du modèle familial traditionnel, cette victoire n’a fait que diviser la société française. Le mouvement de la “Manif pour tous”, né pendant les débats sur la loi, semble d’ailleurs avoir joué un rôle dans l’élection de François Fillon lors de la primaire de la droite.

Sur le plan environnemental, deux dossiers ont empoisonné le quinquennat. D’une part, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, D’autre part, le très critiqué projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) a compliqué ses relations avec les écologistes, le chef de l’Etat y étant favorable. Il a finalement annoncé en février un référendum local, qui a approuvé le projet en juin.

Malgré le bilan peu reluisant établi plus haut, ce n’est pas vraiment par là que l’histoire devra juger François Hollande. C’est surtout à travers la nature de l’époque et de l’environnement politque actuels que sa présidence sera scrutée. Après le BREXIT et l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Étas-Unis, il est clair que François Hollande vient de faire preuve de lucidité dans sa lecture de l’histoire. Partout en Occident, l’heure est soulèvement des peuples. Et François Hollande ne veut certainement pas avoir droit à la double dose de l’humiliation servie à Nicolas Sarkozy. D’abord en 2012, et tout récemment durant la primaire de la droite.

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