Donald Trump met l’Europe en “mode panique”

Vus d’ailleurs, les remous provoqués au sein de l’opinion en Europe par l’arrivée imminente au pouvoir de Donald Trump, en tant que 45ème Président des Etats-Unis, prêtent franchement à sourire. Avec tout le respect que l’on doit à l’Europe — non seulement en tant que bloc politique, intellectuel et économique, mais aussi militaire — les trésaillements de peur et le climat quasi général de rejet que l’accession au pouvoir du nouveau “Leader du monde libre” provoquent depuis le soir du 8 novembre 2016 frisent la paranoia.

Malgré cela, une chose est sûre: dans trois jours, Donald J. Trump s’installera à la Maison Blanche.

À tous ceux qui continuent de s’accrocher désespérément à l’argument fallacieux du vote populaire pour justifier leur acrimonie, il est temps de comprendre que le résultat final de l’élection présidentielle américaine n’a jamais été basé sur le vote populaire. Depuis 1788, les américains ont voté 58 fois pour un Président. Et Donald Trump sera le 5ème Président américain élu sans avoir obtenu la majorité du vote populaire.

Pourquoi et comment cela est-il possible?

Le système électoral américain ne tient pas compte du vote populaire. C’est le collège électoral — dont les membres sont désignés par les 50 États et le District de Columbia — qui choisit le Président.

Quant à ceux qui trouvent refuge dans l’excuse de “l’influence exercée par Vladimir Poutine durant l’élection de 2016”, il est temps de se réveiller. À travers le monde, les Etats-Unis et les alliés européens, de manière régulière, ne se gênent jamais de fouiner et d’intervenir dans les élections organisées par d’autres pays.

En Ukraine, par exemple, Barack Obama et l’Union Européenne ont clairement forcé l’arrivée au pouvoir du camp qui leur était favorable. En Afrique, dans la plupart des pays démocratiques en Asie et en Amérique latine, le souci d’une élection indépendante n’a jamais souffert de cette soudaine prise de conscience d’une néfaste influence extérieure.

D’où l’ironie provoquée par tout ce ramdam autour de la supposée “influence russe” sur l’élection de Donald Trump.

Si Donald Trump est tant décrié par ses critiquent, que lui reprochent-ils vraiment?

Le système mis sur pied, dès la fin de la deuxième guerre mondiale par les puissances occidentales (et la défunte URSS), de former et de gouverner le monde en blocs stratégiques est clairement menacé par les ambitions protectionnistes de la nouvelle Amérique de Trump, par le Brexit et par tous les mouvements souverainstes, voire nationalistes, à la mode en ce moment.

Avec Poutine qui ne cache pas son ambition de consolider ou même d’agrandir son périmètre d’influence, l’Union Européenne et ses alliés de l’establishment américain (partis démocrate et républicain) sont tous passés en “mode panique” face à la volonté de Trump de s’allier à Poutine.

Du point de vue américain, Poutine est une menace secondaire: la Russie est une puissance économique moyenne, qui ne peut gêner les Etats-Unis qu’à la marge. En Syrie ou en Ukraine, par exemple.

En revanche, seule la Chine peut présenter une menace suffisamment importante face aux Etats-Unis. D’ailleurs, elle est déjà l’unique obsession de Donald Trump.

Sur cette nouvelle carte du monde que Poutine et Trump veulent redessiner, si l’Amérique laisse tomber l’OTAN que Trump a qualifiée d’“obsolète” dans son interview accordée à Bild et The Times, et abandonne à eux-mêmes ses alliés européens, y compris les républiques issues de l’ancien bloc soviétique, Poutine n’aura qu’à se courber pour ramasser ce qui, selon lui, revient à la Russie. En contre partie de quoi, Trump pourra certainement compter sur le Kremlin pour contrer la Chine.

Vérité ou fiction? L’Union Européenne n’a plus le luxe de se poser cette question. De toute évidence, et à en juger par la réaction des partis politiques européens au pouvoir, l’heure est à la panique.

Le Royaume-Uni, sorti de l’Union Européenne, va s’aligner sur la position de Donald Trump. Theresa May emboîte déjà le pas du futur locataire de la Maison Blanche. Ce qui va la conduire à opter pour un Brexit qui prévoit une sortie du marché unique et de l’union douanière, assortie de la promesse de faire de la Grande-Bretagne un paradis fiscal aux portes du continent européen.

Enfin, elle sera le premier dirigeant européen reçu par la nouvelle administration américaine, dès le printemps prochain.

Face à cette entrée fracassante sur la scène mondiale du 45ème Président américain, les dirigeants européens se concertent et appellent l’Union Européenne à davantage d’“unité” et d’“assurance”.



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