Macron ou Le Pen? Pas la peine d’attendre le 07 Mai, toute la presse a déjà choisi pour la France

Le monde politique et ceux qui l’analysent à coup d’articles biaisés nagent en pleine hypocrisie en ce moment. La campagne présidentielle en France nous offre une occasion en or pour le vérifier. Alors que le Président Trump a dû consacrer les deux premiers mois de son mandat à repousser les accusations de collusion avec la Russie, Emmanuel Macron qui est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle française bénéficie, quant à lui, d’un traitement indulgent et lénifiant de la part de la même presse. Comme le démontre subtilement la vidéo ci-dessus, Barack Obama a des droits auxquels Vladimir Putin ne peut prétendre. Intervenir dans l’élection présidentielle d’un autre pays, c’est une pratique intolérable… sauf si c’est fait par l’Amérique d’Obama.

Propulsé en tête du premier tour avec 23,75%, devant Marine Le Pen (21,53%), Emmanuel Macron est donc déjà plébiscité par toute la presse. En France comme à l’étranger, Emmanuel Macron est le héros qui va sauver l’union européenne. C’est ce que croit savoir toute la presse. À tort ou à raison, il a automatiquement été placé en position de favori après l’élimination du Parti Socialiste de Benoît Hamon (6,35%) et le parti “Les Républicains” de François Fillon (19,91%). “En une année, nous avons changé le visage de la vie politique française”, a souligné Emmanuel Macron devant ses partisans réunis au soir du premier tour à Paris.

Devant ses soutiens, Marine Le Pen s’est, quant à elle, réjouie d’un résultat “historique”, au-delà des 7,6 millions de voix. Dans l’histoire de son pays, elle est la deuxième femme capable de réussir une telle performance, après Ségolène Royale en 2007.

Un petit tour d’horizon de la presse après la qualification au second tour de Macron contre Le Pen:

Grande-Bretagne

Le Guardian estime qu’Emmanuel Macron représente “le meilleur espoir d’un grand pays profondément troublé” mais juge que “la menace posée par l’extrême droite n’est pas éteinte”.

Le Financial Times voit déjà dans le second tour du 7 mai le “couronnement” d’Emmanuel Macron. Le quotidien des milieux d’affaires prévient toutefois que le jeune centriste (39 ans) sera forcé de “négocier durement” pour mettre son programme en œuvre s’il est élu.

De son côté, le Daily Mail titre sur “Une nouvelle révolution française” en expliquant que la France faisait maintenant face à son propre référendum pour l’Union européenne tandis que le Times, quotidien de centre droit, évoque “une élite française humiliée par des marginaux en route vers la victoire” avec une photo d’une Marine Le Pen tout sourire.

Allemagne

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung se montre réservé sur la qualification d’Emmanuel Macron dans un article intitulé “La France déchirée”: “Plus de 40% des Français ont voté pour des candidats à droite toute ou à gauche toute. La victoire de Macron est tellement étroite que, lors des deux présidentielles précédentes (2007 et 2012), il ne serait pas arrivé au second tour”.

Pour Der Spiegel, le succès du candidat centriste est “une gifle retentissante pour l’establishment politique. Sa qualification au second tour a balayé, au moins provisoirement, des institutions politiques de longue date, les gaullistes-conservateurs Les Républicains, tout comme les socialistes au pouvoir (du président) François Hollande”.

Belgique

Dans un éditorial publié sur le site du journal belge, “La dernière chance de la démocratie française”, Le Soir juge que les Français “ont fait leur révolution, balayant, à la Trump, les partis et les hommes politiques traditionnels, de gauche comme de droite, pour mettre face à face deux personnalités hors système”.

Pologne

La Gazeta Wyborcza  a salué la qualification d’Emmanuel Macron: “L’Union européenne devrait survivre au divorce tout juste entamé avec la Grande-Bretagne. Mais le ”Frexit” — la sortie de la France de l’Union — aurait enterré le projet européen. Et c’est ce qu’avait annoncé Marine Le Pen, la cheffe du Front national”.

Etats-Unis

Pour le Wall Street Journal, les Français ont “redéfini la géographie politique du pays en plaçant l’Union européenne au centre de la nouvelle opposition politique”. D’un côté, ajoute le quotidien économique et financier, “se tient Emmanuel Macron, un ancien banquier d’affaires qui veut renforcer l’intégration européenne. De l’autre, Marine Le Pen, ennemie jurée de l’UE et de sa monnaie unique”.

Le New York Times, lui, parle d’un duel entre un “novice politique” et un “tison d’extrême droite”, “deux outsiders avec des visions radicalement différentes pour le pays”. Cette opposition “place la France sur un chemin incertain au moment critique où cette élection pourrait également décider de l’avenir de l’Union européenne”. Le journal souligne dans une carte que les deux candidats correspondent à deux France, Marine Le Pen gagnant les régions à fort chômage et salaires peu élevés, et Emmanuel Macron s’imposant dans les régions dynamiques avec une population éduquée comme les grandes villes de Paris ou Bordeaux.

Chine

Dans un éditorial mis en ligne dans ses éditions anglaise et chinoise, le quotidien Global Times, proche du pouvoir, rappelle que “la plupart des observateurs français comme européens pensent que Macron l’emportera”. Mais “ces mêmes experts courent manifestement le même risque de se tromper comme ce fut le cas avec le résultat de l’élection présidentielle américaine”, explique le journal chinois. “Si Macron gagne, cela ne voudra pas dire que Le Pen aura travaillé pour rien: sa carrière politique peut subir des revers mais la force politique de l’extrême droite a grossi pendant sa campagne électorale. Si contre toute attente elle l’emporte en battant Macron, pour beaucoup d’Européens sa victoire sonnera le glas de l’Union européenne”.

Un succès au 1er tour et des titres de la presse trop enivrants?

Il y a de quoi se poser la question. En effet, pour célébrer son arrivée en tête du premier tour dimanche soir, Emmanuel Macron et des invités triés sur le volet ont pris d’assaut le restaurant parisien “La Rotonde” pour fêter ses bons résultats. Un lieu hautement symbolique quand on sait qu’il avait été choisi par François Hollande lors de sa victoire à la primaire du PS en 2011. Même s’il est légitime de faire la fête au soir d’un succès comme celui de dimanche soir, Macron ne devrait pas oublié que Jacques Chirac n’était pas parti faire la fête le 21 avril 2002 lorsqu’il s’était qualifié pour le second tour aux côtés de Jean-Marie Le Pen, le père de Marine. Les français, qui en ont longtemps voulu à Sarkozy après sa sortie au “Fouquet’s” en 2007, risquent de lui tenir rigueur de ce travers au soir du 07 Mai prochain.

Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué”, dit-on dans ce cas-là.



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