Analyse du classement 2017 des 200 premières banques africaines

Depuis 20 ans, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dresse un classement annuel des banques africaines. Dans son dernier hors-série consacré au palmarès 2017, Frédéric Maury, responsable du pôle “économie” du journal africain publié à Paris révèle que “la base de données utilisée pour réaliser les classements comporte 1061 banques africaines (juridiquement basées sur le continent). Chacune a été contactée au moins une fois et jusqu’à cinq fois. Il aura fallu cinq mois pour obtenir 447 réponses et réaliser ainsi le palmarès des 200 premières banques africaines, les classements par zone et par critères”.

Pour dresser son classement général, le journal s’est concentré sur la détention d’actifs pour chaque institut bancaire. “Le classement général se fait sur la base du total de bilan 2016, converti en dollars au 31 décembre 2016. Tous les éléments financiers sont certifiés par les répondants”, souligne Frédéric Maury.

Le hors-série englobe, d’autre part, un classement des banques par leur rentabilité et un autre par leur capacité.

Afrique: un secteur bancaire stable et novateur.

La révolution de la “banque mobile” et le 1,7 milliard de transactions effectuées entre juillet 2016 et juin 2017 n’ont pas réussi à freiner une baisse très marquée de la vigueur de l’économie du Nigéria et l’Afrique du Sud — les deux locomotives de l’Afrique. Malgré le boom de la banque digitale, le secteur bancaire africain a du mal à resister aux turbulences.

Toutefois, même si le total du bilan cumulé des 200 premières banques africaines poursuit sa tendance à la baisse, pour passer de 1497,2 milliards de dollars à 1471,4 milliards (-1,7%), le déclin reste moindre par rapport à l’année 2015. Année durant laquelle le même bilan cumulé avait enregistré un affaiblissement de 5,2%.

Le produit net bancaire cumulé recule quant à lui de 2,3%, constate Frédéric Maury. Après des années de très forte croissance, les banques africaines ont vu les conditions d’opération se durcir, d’abord en 2008 — pendant la crise des “subprimes” —  puis plus nettement depuis la chute de la croissance sur le continent en 2015, provoquée par la chute du prix des hydrocarbures.

Jadis concentrés à financer le potentiel économique leur continent, aujourd’hui, les banquiers africains ont d’autres préoccupations. La priorité, comme le relève Frédéric Maury, c’est “essentiellement sur la réduction des coûts, l’augmentation de l’efficience opérationnelle, la digitalisation, la refonte des réseaux de distribution et la meilleure gestion des risques”.

Avec un taux de bancarisation qui reste ridiculement faible, le journal Jeune Afrique préfère mettre l’accent sur le verre à moitié plein: “En raison de la sous-bancarisation (part des plus de 15 ans disposant d’un compte en banque) sur le continent (autour de 25% en moyenne, mais parfois moins de 10% dans certains des pays africains), les perspectives restent excellentes pour le secteur. Toutefois, les contraintes se durcissent: concurrence très forte, durcissement réglementaire et augmentation des risques”, remarque Frédéric Maury.

Les forces en présence: L’Afrique du Sud et Le Maroc dominent le secteur.

En terme de résultats, l’Afrique du Sud conserve sa prééminence et reste le premier pays représenté dans le classement des 200, avec 39,7% du total de bilan cumulé, suivi par l’Egypte (10,8%), le Maroc (9,85%) et le Nigeria (7,3%). L’Egypte et le Nigeria enregistrent une baisse considérable en raison de la dévaluation de leur monnaie nationale.

Malgré l’apparition dans le classement des banques de la RD Congo, le poids de l’Afrique centrale continue de décroître: “L’Afrique centrale est la région la moins bien représentée dans le palmarès, avec seulement 1% du total de bilan cumulé, un chiffre en recul”, reconnaît Frédéric Maury. L’Afrique de l’Est voit à l’inverse son poids se renforcer chaque année, à 6% désormais.

Quant à la région du Maghreb, la dynamique marocaine semble en marche: “Les banques marocaines voient en effet leur poids se renforcer d’année en année, en raison d’un programme très actif de déploiement en dehors du Maroc pour les trois plus grandes: Attijariwafa Bank, Banque centrale populaire et BMCE Bank of Africa. Attijariwafa Bank devient d’ailleurs cette année la sixième banque du continent et la première hors Afrique du Sud”, conclut Frédéric Maury.

Ci-dessous: le point de vue anglophone sur la performance des acteurs du secteur bancaire africain en 2017.

Avec The Banker, Jeuneafrique et Bilan



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