Marion Maréchal-LePen

En politique, comme en amour, on pense toujours que la prochaine fois sera enfin la bonne. Le départ annoncé de Marion Maréchal-Le Pen de la vie politique française, il y a neuf mois, n’était donc pas qu’une séparation à l’amiable. Ce n’était en fait qu’une trêve.

En effet, aujourd’hui 22 février 2018, Marion Maréchal-Le Pen se rend à la CPAC, grande réunion annuelle des conservateurs à Washington, en tant qu’intervenante… et prend ainsi tout le monde à contre-pied. Pourquoi est-elle invitée là-bas ? Décryptage d’une intervention qui n’allait pas de soi pour la droite américaine.

Pour rompre le silence médiatique auquel elle s’astreint depuis plusieurs mois, Maréchal-Le Pen a choisi Washington D.C. Dans la liste des personnalités invitées à s’exprimer tout au long des quatre jours de la Conservative Political Action Conference (CPAC), Marion Maréchal-Le Pen occupe une place de choix. Entourée des personnalités les plus influentes de la politique américaine, elle s’exprimera aujourd’hui, juste après le discours de Mike Pence, le vice-président des Etats-Unis. Le lendemain, ce sera au tour de Donald Trump lui-même de prendre la parole. Un gratin de personnalités prestigieuses pour la droite américaine, dans lequel Marion Maréchal-Le Pen est un outsider. Quel est l’intérêt, pour les organisateurs de l’évènement, de faire venir une ex-conseillère régionale française FN, retirée de la vie politique depuis maintenant près d’un an ?

Car la CPAC est un grand rassemblement qui compte près de 10’000 participants chaque année. Depuis sa création, en 1973, elle s’approche même de ce qui pourrait être une institution pour la droite américaine. Plus qu’un lieu de débat et de discussion entre les différents courants de la droite américaine, l’évènement est aussi un faiseur de rois. Récompenses et prix se succèdent, jusqu’au sondage le plus scruté d’entre tous : un vote non-officiel, qui sert de baromètre des personnalités préférées des conservateurs. Si ce sondage ne sert pas de boule de crystal — Donald Trump n’a jamais gagné avant son élection —  il est un bon indicateur de l’état d’esprit du mouvement : un an avant son élection à la tête des Etats-Unis, en 2000, George W. Bush, avait ainsi été choisi. En 2016, avant que Trump ne renverse tout sur son passage, l’élu était Ted Cruz, le très conservateur finaliste de la primaire républicaine.

La CPAC s’internationalise

Marion Maréchal-Le Pen débarque dans cette grand-messe conservatrice au moment où les courants de la droite américaine se regardent le nombril et comptent les points. Peu d’étrangers sont conviés à cette introspection annuelle : en dehors de l’ex-leader du mouvement pro-Brexit Nigel Farage, qui semble désormais avoir sa loge attitrée dans l’évènement depuis plus de deux ans, elle sera la seule personnalité internationale. Une manière, peut-être, d’ouvrir cette conférence très américaine au monde ? C’est en tout cas ce que pense Nicolas Gachon, maître de conférence spécialiste de la société américaine : “Les conservateurs américains cherchent des réseaux et des appuis politiques pour se désenclaver, dans le contexte d’une posture très isolationniste de l’administration Trump”.

Avec Alexandra Saviana

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