Poutine

Valdimir Poutine a triomphalement été réélu dimanche pour un quatrième mandat avec 73,9% des voix, selon les sondages sortie des urnes effectués par l’institut public VTsIOM. Après la fermeture des derniers bureaux de vote, ce score électoral garantit au Président Poutine de rester à la tête de son pays jusqu’en 2024. Ce résultat est largement supérieur aux 63,6% obtenus en 2012.

En deuxième position, le candidat du Parti communiste Pavel Groudinine a obtenu 11,2% devant l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski (6,7%) et la journaliste proche de l’opposition libérale Ksénia Sobtchak (2,5%) au terme d’une élection sans suspense, qui verra le président russe rester au pouvoir jusqu’en 2024. Le président russe n’a quasiment pas fait campagne, se contentant de deux participations de deux minutes chacune lors de concerts de soutien et snobant les débats télévisés.

Le taux de participation était de presque 60%, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, selon la Commission électorale centrale (CEC).

Après plus de 18 ans de pouvoir, Vladimir Poutine incarne avec autorité l’ambition d’une grande Russie à la puissance retrouvée, au prix de tensions sans précédent avec les Occidentaux.

Ex-officier du KGB, Vladimir Poutine, 65 ans, a succédé à Boris Eltsine en 2000 à la tête d’un pays au pouvoir instable et à l’économie défaillante. Loué par nombre de ses concitoyens pour avoir été l’homme de la stabilité et d’une nouvelle prospérité grâce à une manne pétrolière conséquente pendant des années, il est vilipendé par ses détracteurs pour un net recul des droits de l’Homme et des libertés. Sur la scène internationale, celui qui avait qualifié la disparition de l’Union soviétique de “plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle” s’est employé à restaurer l’influence de la Russie dans le monde, mise à mal après la chute de l’URSS et les années chaotiques du règne de Boris Eltsine.

Sa méthode? Une lutte patiente et obstinée, à l’affût de signes de faiblesse de l’adversaire, expliquait en 2013 ce huitième dan de judo, répondant à un Russe qui lui demandait de tout faire pour enfin “rattraper et doubler” l’Amérique, un vieux slogan de l’époque soviétique.

Une technique appliquée avec succès en Syrie, où l’intervention militaire de la Russie depuis 2015 en soutien au régime de Damas a changé le cours de la guerre et permis au président Bachar al-Assad de rester au pouvoir, au grand dam d’Occidentaux quelque peu dépassés. L’année précédente, Vladimir Poutine avait endossé les habits de restaurateur de la “grande Russie” en annexant la péninsule ukrainienne de Crimée, après l’intervention des troupes russes et un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Cette opération a accru son prestige à domicile mais elle a déclenché la pire crise depuis la fin de la Guerre froide entre Russes et Occidentaux, qui accusent en outre Moscou de soutenir militairement une rébellion séparatiste dans l’est de l’Ukraine, ce que le Kremlin dément.
Aux tensions sur la Syrie et l’Ukraine se sont ajoutées à partir de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis des accusations d’ingérence dans la présidentielle américaine et plus récemment une crise sans précédent avec Londres après l’empoisonnement d’un ex-espion russe réfugié en Angleterre.

Passionné de sport, le président russe a aussi cherché à imposer son pays, qui accueille cet été le Mondial de football, comme puissance sportive. En 2014, la Russie avait organisé les jeux Olympiques d’hiver les plus chers de l’histoire dans la station balnéaire de Sotchi. Mais les rêves du Kremlin sont assombris par des accusations de dopage institutionnalisé  — qu’il rejette — depuis la sortie du rapport McLaren en 2016.

Pour encourager les électeurs à participer à un scrutin sans suspense à l’issue d’une campagne atone, les autorités ont mené des campagnes massives d’information et d’incitation, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller voter. Des militants de l’opposition ont fait par exemple état dimanche d’électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réduction pour des produits alimentaires distribués aux Russes se rendant aux urnes.

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