Nelson Mandela et Winnie Madikizela Mandela. (Photo by Media24/Gallo Images/Getty Images)

Winnie Mandela, surnommée “mère de la nation”, est décédée hier, 02 avril 2018 à l’hôpital Milkpark de Johannesburg. Mariée pendant 40 ans (1956-1996) à Nelson Mandela, la mère de Zindziswa Mandela et de Zenani Mandela a plusieurs fois été hospitalisée. La dernière fois, à la fin du mois de janvier, pour une infection rénale.

Née le 26 septembre 1936 dans la province du Cap oriental, Winnie Madikizela-Mandela devient la première femme noire assistante sociale en Afrique du Sud avant de rencontrer Nelson Mandela en 1956.

Le Congrès national africain (ANC), principal mouvement de la lutte contre le régime ségrégationniste, a salué, par la voix de Mbalula Fikile, une femme qui “symbolisait la force, la résistance et une âme éternelle de la liberté”.
“Elle s’est battue sans relâche pour que nous ayons une société juste et égalitaire. Elle a consacré sa vie au service du peuple africain”, a-t-il insisté.

Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a salué un “symbole majeur” de la lutte anti-apartheid.
“Elle a refusé de céder face à l’incarcération de son mari, le harcèlement perpétuel de sa famille par les forces de sécurité, les détentions, les interdictions et son bannissement. Son attitude de défi m’a profondément inspiré, ainsi que des générations de militants”, a déclaré l’ancien archevêque anglican sud-africain, ami proche de feu Nelson Mandela.

Quelques temps seulement après leur mariage, sa lutte contre le régime raciste qui terrorise la population noire pousse Nelson Mandela dans la clandestinité. Et lorsqu’il est arrêté, en 1962, Winnie Mandela reprend le flambeau du combat.

Pendant les 27 années d’emprisonnement de Nelson Mandela qui vont forcer le couple à vivre séparé, Winnie Mandela va être harcelée, brutalisée, violentée, emprisonnée à, au moins, trois reprises avec de très longues périodes d’isolement total. Torturée et bannie,“la mère de la nation” va subir dans sa chair l’âpreté du combat et la violence raciste du pouvoir blanc. À travers sa résistance aux persecutions (assignations à résidence, attaques à la bombe, diverses pressions, etc…) du régime raciste, elle devient l’égérie de la lutte anti-apartheid.

Je n’ai jamais cherché à devenir ce que vous appelez une icône. C’est l’histoire qui m’a faite ainsi. Je suis le produit du peuple de ce pays, le produit de sa lutte. Mon peuple et moi avons combattu côte à côte face à la violence de l’apartheid, face aux balles, face à la haine. J’honore chaque jour nos martyrs et je suis extrêmement reconnaissante envers les masses africaines d’Afrique du Sud. Ce sont elles qui ont fait Winnie Mandela, et non l’inverse.

Après la sortie de prison de Nelson Mandela en 1990, et avec l’abolition des lois de l’apartheid en 1994, son mari devient le premier President de l’Afrique du Sud démocratique. Dans la foulée, Winnie Mandela entre dans le gouvernement et s’occupe de la culture.

Mais les 27 années qui ont forcé les deux Mandela l’un loin de l’autre ont abîmé leur relation. Le couple se sépare en 1996.

Entrée dans le Comité exécutif de l’ANC en 2007, Winnie Mandela devient une critique farouche des accords passés entre Nelson Mandela et F.W. de Klerk. Des accords qui ont conduit à la fin de l’apartheid.

La notion de “nation arc-en-ciel” est un mythe. Il s’agit d’un mythe total auquel les dirigeants de l’époque ont voulu nous faire croire. C’était un vœu pieux qui n’a jamais correspondu à la moindre réalité. La réconciliation n’a été qu’une façade. Nous ne sommes pas libres car nous n’avons pas la liberté économique.

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