Trump reçoit Macron à la Maison Blanche

Arrivé lundi à Washington, Emmanuel Macron a été reçu mardi en grande pompe à la Maison Blanche. Le protocole de cette visite présidentielle de trois jours est clair: le Président français est le premier dirigeant étranger accueilli par Donald Trump pour une visite d’Etat. Après avoir été convié lundi soir à un dîner privé avec son épouse dans la résidence de George Washington, le président français s’est rendu à la Maison-Blanche mardi pour un diner d’état. Aujourd’hui, il s’exprimera devant le Congrès.

En plus de la bouture de chêne du nord de la France qui a été plantée lundi à la Maison Blanche, l’occasion d’une séquence photo montrant les deux présidents chacun une pelle à la main sous l’œil de leurs épouses Melania Trump et Brigitte Macron, la visite du dirigeant français a aussi permis au président américain de couvrir d’éloges son homologue français.

L’agenda politique et diplomatique des deux presidents n’a pourtant rien en commun. Plusieurs divergences demeurent entre Paris et Washington, malgré l’unité de vue affichée sur la Syrie, lors de la riposte commune contre le régime de Bachar el-Assad accusé d’avoir recouru aux armes chimiques.

Divergence sur la lutte contre le réchauffement climatique, sur lequel “une marge de manœuvre” existe toujours pour éviter le clash avec la Maison-Blanche, selon l’Elysée.

Divergence, surtout, sur l’accord nucléaire conclu en avril 2015 avec l’Iran à Lausanne, que le Président Trump ne cesse de dénoncer et que la France veut sauver.

“Cet accord est un désastre, c’est un texte dément et ridicule”, a martelé le président américain avant même le début de son tête-à-tête avec Macron dans le Bureau ovale. “Il n’aurait jamais dû être conclu”, a-t-il insisté en presence du président français.

Divergence, enfin, sur l’agenda protectionniste du leader américain, et sur sa vision de l’Union européenne, dont il a toujours dit ouvertement penser le plus grand mal.

Que reste-t-il alors? “Il reste une chose centrale: la confiance. Macron pense que Trump lui fait confiance et qu’il peut donc devenir son interlocuteur privilégié de ce côté de l’Atlantique, estime un ancien ambassadeur de France. Entre la chancelière allemande, Angela Merkel, que Donald Trump a plusieurs fois snobée voire critiquée, et la première ministre britannique, Theresa May, avec qui le courant ne passe pas, Macron pense avoir un boulevard…”

Autres points abordés durant le tête-à tête présidentiel, la régulation de l’internet et la lutte contre la radicalisation ainsi que la lutte contre le terrorisme. Ont aussi été évoqués des points de friction comme les taxes douanières que Donald Trump veut imposer à ses partenaires sur l’acier et l’aluminium. En présence de son homologue français, le président américain a ouvertement regretté d’avoir l’Union européenne comme interlocuteur sur les questions économiques.

“La question des échanges avec la France est compliquée parce qu’il y a l’Union européenne. Je préférerais négocier seulement avec la France”, a-t-il lancé. “L’Union est très dure avec nous. Ils ont des barrières douanières qui sont inacceptables”, a-t-il ajouté.

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