Mesut Özil

Mesut Özil a annoncé dimanche 22 juillet qu’il quittait la sélection d’Allemagne pour cause de “racisme”. Mettant en exergue les critiques dont il a été victime après l’élimination de la Mannschaft dès le premier tour du Mondial 2018 de football en Russie.

“C’est avec un cœur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus de matchs internationaux pour l’Allemagne, aussi longtemps que je ressentirai du racisme et un manque de respect à mon égard”, écrit le joueur d’origine turque sur son compte Twitter.

Considéré comme une “chance pour le football allemand” par le sélectionneur allemand Joachim Löw en 2010, Mesut Özil affiche à son actif 92 sélections sous le maillot allemand, 23 buts marqués et un titre de champion du monde, en 2014.

“Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales ne viennent pas d’un seul pays. J’ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J’ai deux cœurs, un allemand et un turc”, a-t-il détaillé dimanche après-midi sur Twitter.

Mesut Özil

Après neuf ans de carrière en sélection, le footballeur d’origine turque Mesut Özil a donc pris sa décision de quitter la Nationalmannschaft.

“Cette décision a été extrêmement dure à prendre car j’ai toujours tout donné pour mes coéquipiers, le staff et les gens bien en Allemagne”.

Mais, récemment, le milieu de terrain a été au centre d’une intense polémique durant la Coupe du Monde 2018 qui vient de s’achever en Russie. A l’origine de celle-ci : une photo prise en mai avec le président turc Erdogan, alors en pleine campagne présidentielle. Le cliché n’a pas manqué de provoquer une salve de critiques et d’insultes sur les réseaux sociaux, accusant Mesut Özil de “rouler” pour le président turc.

Pour le footballeur, cette rencontre était apolitique : “Mon travail, c’est d’être joueur de football, pas politicien.”

Parmi les attaques contre le joueur, après l’élimination de l’Allemagne dès le premier tour de la Coupe du monde, il y a celles de plusieurs anciens joueurs internationaux qui l’ont ouvertement critiqué dans les journaux.

“J’ai l’impression qu’il ne se sent pas bien sur un terrain dans le maillot de l’équipe nationale, qu’il n’est pas libre, presque comme s’il n’avait pas envie de jouer”, a par exemple lancé Lothar Matthaüs, en sélection dans les années 1990, dans le quotidien “Bild”.

À ce tacle de Matthaüs, on peut ajouter celui de Mario Basler, ancien joueur de l’équipe d’Allemagne de 1994 à 1998, lâchant : “Il a le même langage corporel qu’une grenouille morte, c’est lamentable.”

Suffisamment agacé, Mesut Özil a fini par dénoncer une “propagande de droite” et regretter “que les médias allemands aient continuellement critiqué son double héritage et une simple photo pour expliquer la mauvaise Coupe du Monde d’une équipe entière”.

Mais c’est surtout l’absence de soutien de la Fédération allemande de football et de son président, Richard Grindel, qui l’a amené à prendre sa décision.

“Aux yeux de Grindel et de ses supporters, je suis allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons. Ce n’est pas pour cela que je joue au football, je ne vais pas rester assis là à ne rien faire. Le racisme ne devrait jamais être accepté”, conclut Mesut Özil dans son communiqué sur Twitter.

En réaction à cette décision tonitruante de l’attaquant, c’est le ministre turc de la justice, Abdulhamit Gül qui a été le plus expressif. Pour marquer son soutien à Özil, le politicien turc s’est précipité sur Twitter:

Le ministre Gül affirme “féliciter Mesut Özil, qui, en quittant l’équipe nationale d’Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme”.

Pour sa part, la chancelerie de la République Fédérale n’a pu que se contenter de prendre note de la décision du footballeur allemand.

“Comme vous le savez la chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. Mesut Özil est un joueur de foot qui a beaucoup fait pour l’équipe nationale. Mesut Özil a désormais pris une décision qui doit être respectée”, a indiqué ce lundi Ulrike Demmer, porte-parole d’Angela Merkel.

“Je ne servirai plus de bouc émissaire à Grindel pour son incompétence et son incapacité à faire correctement son travail”, a conclu le joueur de 29 ans, sacré champion du monde avec l’Allemagne en 2014 après la troisième place en 2010.

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