Credit Suisse

Le mois de juillet s’achève et les résultats du 2ème trimestre du Credit Suisse publiés ce matin présentent un bénéfice net plus que doublé en rythme annuel à 647 millions de francs. Une situation qui a fait dire à Tidjane Thiam, son directeur général, que c’est la stratégie privilégiant la gestion de fortune qui a permis à la banque suisse de connaître une forte poussée de ses résultats au deuxième trimestre 2018.

“Nous avons de nouveau enregistré une très bonne performance au deuxième trimestre”, a déclaré le directeur général, cité dans le communiqué. “Ceci est le septième trimestre consécutif de croissance du bénéfice […] le résultat de notre performance reflète surtout le fait que notre stratégie se concentre sur la gestion de fortune. Ce domaine qui est beaucoup plus stable et prévisible connaît une croissance soutenue qui nous permettra, le moment venu, de pouvoir absorber la volatilité omniprésente aujourd’hui sur les marches et de nous déployer par la suite, plus facilement”.

Le produit d’exploitation s’est étoffé de 7% à 5,60 milliards de francs. Le numéro deux bancaire helvétique, en pleine restructuration, a allégé ses charges de 2% à 4,47 milliards. Le bénéfice avant impôts s’est établi à 1,05 milliard, ce qui représente un bond de 81%.

Aussi bien le bénéfice net que le chiffre d’affaires et les charges d’exploitation ont dépassé les attentes des analystes. Sur pratiquement tous les chiffres clés, le numéro deux bancaire helvétique a fait mieux que les prévisions et que ses performances d’il y a douze mois.

Dans le détail, les provisions pour pertes de crédit ont fondu de 11% à 73 millions de francs. La liquidation des activités non-stratégiques regroupées au sein de la banque de défaisance (SRU) progresse fort et plus vite que prévu. “Nous avons franchi une étape déterminante dans nos efforts pour résoudre effectivement les problèmes de la banque hérités du passé”, s’est réjoui le patron Tidjane Thiam.

Dans la gestion de fortune, nouvelle priorité stratégique de Credit Suisse, les entrées nettes d’argent se sont élevées à 9,1 milliards de francs, contre 10,8 milliards pour la même période de 2017. La masse sous gestion s’est établie à 1398,4 milliards.
La banque universelle, vaisseau amiral du groupe, a enregistré un dixième trimestre consécutif de croissance du bénéfice adapté (hors normes comptables GAAP), le plus élevé depuis 2013. En terme de résultat opérationnel avant impôts (non ajusté), le résultat de la division gagne 10% sur un an, à 553 millions de francs.

Rentrées d’argent soutenues

Dans la gestion de fortune internationale (IWM), le bénéfice d’exploitation gagne 19%, à 433 millions, avec un afflux net de capitaux de 13,2 milliards sur trois mois, un résultat qualifié d’“excellent” par la banque.
Credit Suisse relève les “bons résultats” de la division de gestion de fortune Asie-Pacifique (APAC), avec notamment 3,4 milliards d’afflux nets de capitaux.

Dans les deux unités de la banque d’affaires, les résultats sont contrastés. Global Markets (GM) a vu ses recettes reculer de 8% à 1,4 milliard, pour un résultat opérationnel de 148 millions, en chute de 42%. Credit Suisse relève avoir poursuivi sa politique “rigoureuse en matière en matière de capital et de coûts”, avec notamment une baisse de 2% des charges d’exploitation ajustées.

Sur le chapitre de l’Investment Banking & Capital Markets (IBCM), l’activité reste solide avec des recettes qui ont bondi de 26% (à 644 millions) et son résultat opérationnel avant impôts gagner 24%, à 110 millions. Ces deux unités d’affaires sont en plein coeur de la restructuration.

En termes de capitalisation, le ratio de fonds propres durs (CET1, totalement appliqué) a reculé d’un point de pourcentage sur trois mois, à 12,8%.
En termes de perspectives, le groupe bancaire zurichois détecte des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales qui pourraient avoir des conséquences négatives sur les activités les plus dépendantes du marché. “Si elle dure, cette incertitude est susceptible d’affecter la confiance”, prévient Tidjane Thiam. Le patron de Credit Suisse décèle néanmoins un potentiel de croissance dans la gestion de fortune et en Asie-Pacifique, notamment.

En conclusion, “en 2019 et au-delà, nous continuerons d’améliorer la rentabilité et d’accroître les rendements”, assure le directeur général.

Ci-dessous, ses réponses face à la presse, ce matin à Zurich.

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