Merkel et May

Angela Merkel, Chancelière allemande, et Theresa May, Première Ministre du Royaume Uni, sont en visite officielle en Afrique cette semaine. Le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Ghana et le Kenya sont les principales destinations où vont se rendre ces chefs de gouvernement européens. Même en étant parmi les principaux investisseurs en Afrique, les leaders de l’Europe ont longtemps négligé le continent.

De manière spécifique, l’Allemagne et le Royaume Uni (en dehors du commonwealth) ont toujours relegué l’Afrique au chapitre des dossiers de la main courante, gérés par la France. Et ce n’est qu’avec l’omniprésence de plus en plus évidente des chinois sur le continent que la France a commencé à revoir sa logique “françafricaine”.

En effet, dans un monde où les États-Unis de Donald Trump revoient leurs accords économiques tous azimuts — y compris avec leurs partenaires traditionnels –, dans un monde où la Chine a pour ambition de faire de l’Europe son principal client (un marché de 510 millions d’habitants vaut plus que le marché américain avec ses incertitudes politiques tous les quatre ans), dans un monde où le Royaume Uni quitte l’Union européenne pour faire cavalier seul, l’Afrique, ses ressources et la jeunesse de sa population deviennent automatiquement un enjeu majeur dans la course au leadership de la croissance économique.

BrexitEn arrivant la première sur le continent africain cette semaine, la Première Ministre britannique, Theresa May, n’a pas hésité à donner le ton:

“On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays” a souligné la Première Ministre Theresa May, en reconnaissant de manière implicite la forte présence chinoise en Afrique, “mais, nous pouvons offrir des investissements de long terme et de haute qualité”.

Theresa May au Nigeria

Alors que Theresa May, s’est rendue au Kenya, ce jeudi 30 août, après les étapes sud africaine et nigériane, Angela Merkel a, quant à elle, entamé une mini-tournée africaine en rencontrant Macky Sall du Senegal, avant le Ghana et le Nigeria, au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace djihadiste.

Avant de s’envoler pour le continent africain avec la chancelière, un responsable du gouvernement allemand a indiqué que le Sénégal, le Ghana et le Nigeria “sont confrontés à de grands défis économiques et sociaux”. Avant d’ajouter que ces trois pays devaient faire en sorte que le renforcement de leurs économies profitent à tous les citoyens. “Ce qui n’est pas encore le cas partout”.

À la question d’un journaliste sur le sort tragique de plusieurs migrants africains, en provenance des pays comme le Sénégal, Angela Merkel a répondu:

“Nous ne devons pas être les complices des trafiquants d’êtres humains et nous ne devons pas juste regarder [sans rien faire], Nous devons combattre l’émigration illégale d’une part et créer des opportunités légales d’autre part”, a-t-elle estimé.

Ces dernières années, la chancelière allemande a renforcé le volet africain de sa diplomatie, comptant sur les pays du continent pour ralentir le flux de migrants vers l’Europe, un sujet extrêmement sensible en Allemagne.

Commerce Allemagne Afrique sub-saharienne

Pays d’exportation comme la Chine et le Royaume-Uni, qui se prépare à quitter l’Union européenne, l’Allemagne veut également tirer profit du dynamisme croissant de l’Afrique, dont les pays disposent souvent d’importantes ressources en matières premières et d’une population jeune.
Tout comme le Ghana, le Sénégal connaît une forte croissance économique (6% ou 7%) depuis plusieurs années. Ces deux pays sont également politiquement stables.

Bien que confronté aux actions terroristes de Boko Haram et à la volatilité des prix du pétrole, le Nigeria reste le second partenaire économique de l’Allemagne en Afrique noir.

 

 

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