CAN 2019

Même Paul Biya, 85 ans, à peine reélu pour un septième (7ème) mandat consécutif à la tête du Cameroun n’a pas vu venir cette mauvaise nouvelle-là! La Confédération africaine de football (CAF), réunie ce vendredi en comité exécutif à Accra, a décidé de retirer au pays de Roger Milla et de Samuel Eto’o l’organisation de la CAN 2019. Le pays des ‘Lions Indomptables’ a été pénalisé par des retards dans l’avancée des travaux de préparation et par l’insécurité entretenue par les troubles perpétrées dans les régions anglophones et la lutte armée menée contre Boko Haram dans le Nord.

Se basant sur plusieurs rapports de missions d’inspection, la commission d’organisation de la CAN 2019 avait estimé dans la matinée du 30 novembre que le Cameroun n’était pas prêt à accueillir l’événement, Dans la soirée, le comité exécutif de la CAF a officiellement décidé de retirer l’organisation au Cameroun, selon plusieurs sources au sein de la CAF.

L’information a été confirmée par la CAF sur son compte Twitter. Un communiqué plus détaillé sera publié dans les heures qui suivent pour motiver cette décision.

Aujourd’hui nous avons pris la décision de retirer la CAN 2019 au Cameroun”, a lancé le président de la CAF, Ahmad Ahmad, lors d’une conférence de presse, après plus de dix heures de réunion à huis clos. Il a ajouté qu’un “cabinet” allait être mis en place pour lancer un appel d’offres et “déterminer un nouveau pays organisateur d’ici la fin de l’année”. Un délai de 21 jours a été accordé aux pays désireux de se porter candidat à l’organisation de la compétition.

Les candidatures sont désormais ouvertes pour trouver un nouvel hôte à la plus grande compétition sportive continentale, programmée du 15 juin au 13 juillet 2019. Cette nouvelle édition, redimensionnée à 24 équipes – contre 16 jusqu’à présent – , implique la mobilisation d’infrastructures conséquentes. Le Maroc, qui s’était déjà substitué en janvier dernier au Kenya pour la tenue du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), a d’ores et déjà confirmé qu’il était intéressé.

L’Egypte a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne postulerait pas. “L’Egypte ne présentera pas de dossier de candidature et estime qu’il y a un consensus pour que le Maroc accueille la compétition”, a déclaré Magdi Abdel Ghani, membre du conseil d’administration de la Fédération, selon son responsable presse. Le 29 septembre, la Confédération africaine avait relevé “un retard important dans la réalisation des infrastructures” au Cameroun.

Le Cameroun connaît aussi actuellement un contexte sécuritaire très tendu avec des attaques persistantes des djihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et un conflit entre l’armée et des séparatistes dans les deux régions anglophones du pays. De quoi raviver de mauvais souvenirs. En 2010, le bus de l’équipe du Togo avait été mitraillé en Angola (trois morts), deux jours avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations.

Ce vendredi, Ahmad Ahmad a déclaré : “Le football en Afrique dépend de nos gouvernements […] Mais notre priorité est de préserver l’intérêt de nos acteurs et surtout nos joueurs. Je ne sais pas s’il existe des statistiques, mais beaucoup ont été blessés lors des CAN pour des raisons de conditions d’organisation”, a-t-il ajouté.

L’histoire de la Coupe d’Afrique des nations est riche en feuilletons improbables. L’Afrique du Sud avait ainsi accueilli et remporté l’édition 1996 de la CAN, initialement prévue au Kenya, après que ce dernier avait dû jeter l’éponge en raison de difficultés financières. L’Afrique du Sud avait aussi organisé l’édition 2013 en remplacement de la Libye, qui avait renoncé deux ans avant le coup d’envoi en raison du conflit armé dans le pays.

La CAN 2015 avait, elle, finalement eu lieu en Guinée équatoriale, désignée comme remplaçante providentielle après le retrait de l’organisation au Maroc. Ce remplacement avait tourné à l’incroyable saga : le Maroc avait refusé d’organiser l’édition 2015 aux dates prévues, réclamant en vain son report du fait de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. La CAF avait alors exclu le Maroc de l’édition 2015, trouvé un pays organisateur de substitution en quatrième vitesse (la Guinée équatoriale) et avait ensuite suspendu le royaume chérifien pour les éditions 2017 et 2019. Mais le Tribunal arbitral du sport (TAS) a finalement permis au Maroc de disputer les éliminatoires des éditions 2017 et 2019.

Avec AFP et Alexis Billebault

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